‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 200 sur 743 · PÉRIL DOUTEUX · texte numérisé non relu

PÉRIL DOUTEUX

Quand ce péril douteux épargne un mal certain. {OEd., 1, 1.)

DROIT, subst. avoir droit de , avec un nom de chose pour sujet, être capable de, être suffisant pour, savoir :

Enfin mon désespoir, parmi ces longs obstacles,

M'a fait avoir recours à la voix des oracles ;

Écoutei si celui qui me fut hier rendu

Eut droit de rassurer mon esprit éperdu. [Bor., i, S.)

Ce sont des déplaisirs qu'il fait bien d'épargner,

Et sa douleur secrète a droit de l'éloigner. [Rodog., v, 3.)

La victoire aura droit de le faire renaître. (Sert., m, 2.)

Quand on a commencé de se voir malheureuse.

Rien ne s'offre à nos yeux qui ne fasse trembler,

La plus fausse apparence a droit de nous troubler. Sur., î, 1.)

Thomas Corneille a dit comme son frère :

Oui, Barsine, et le prince a beau se déguiser,

L'amour seul à ce trouble a droit de l'exposer. (T. Cork., Antioch., u, 1.)

— avoir plein droit de (un infinitif) :

Avez-vous oublié celte grande maxime,

Que la guerre civile est le règne du crime,

Et qu'aux lieux où le crime a plein droit de régner,

L'innocence timide est seule à dédaigner? [Sert., i. 1.)

— prendre droit de ( un infinitif) , avec un nom de chose pour sujet :

Flatteuse illusion, erreur douce et grossière,

Vain effort de mon âme, impuissante lumière,

De qui le faux brillant prend droit de m'éblouir,

Que tu sais peu durer et tôt l'évanouir! [Hor.t m, 1.)

— a droit de, à titre de :

Supplante ton rival par une illustie audace,

Viens à droit de conquête en occuper la place. (Androm., ni, 2.)

Je hais ces compliments à droit de parenté.

(T. Corn., La Comt. d'Orgueil, m, 8.) U est certains impertinents, A droit de fort esprit, hardis, entreprenants, Qui, sans savoir pourquoi, traitent de ridicules Les plus justes motifs des plus sages scrupules. (Id., Feu. dePier., i,2.)

DU, subst., devoir :

Vous avez fait le dû de votre office. {Suite du Ment., i, 4.)

On a dit exactement de même avant Corneille :

Continués donc, messieurs, je vous prie, la fidélité que vous avés jusqu'ici tesmoignée à Sa Majesté , en ce qui est du a\ub de vos charges. ( Lett. mite, de

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