ELOIGNER
dernes, que cette façon de parler,» dit, pour ^justification particulière, Ménage, que Von avait repris d'avoir dit dans son Oiseleur:
« Si bientôt rinsemible éloignoil ces beaux lieux. »
(Observ. sur ta kmg. franc., ln p., c. 148.)
Les exemples pourraient être multipliés à l'infini ; quelquesuns de diverses dates suffiront :
Quant li duï baron se furent desfié,
Li uns eslonge l'autre un arpent mesuré. (Oui de Bourg. , v. 3374.)
Trouva sa dame, qui monta sur son cheval et picqua fort, tant qu'ilz eurent
esloingné la place. [Les Cent Nouv. du roi Louis XI, xcvm.) — Incontinent il vous
tslongera et querra autre part son aventure. [Les Étang, des Quen. , édit. Jann.,
Car qui d'amours ne veut prendre le ply.
Et a désir de fuyr le danger
De son ardeur, pour tel mal estranger,
Besoin luy est d'eslongner la personne,
A qui son cœur énamouré se donne. (Cl. Maaot, Le Temple de Cup.)
Le texte est celui de la révision que Marot fit de ses Œuvres en 4538. Dans l'ancienne édition gothique de 4515, on lisait :
Car, comme dit le bon poète ennobli, Se désir as de fuir le danger D'ardent amour, et du tout l'est ranger, Eslongne-ioi de la dame ou personne.
A qui du tout ton loyal cœur se donne.
Éloigner quelqu'un, pour signifier le fuir, était donc plus élégant que s'éloigner de quelqu'un, puisque Marot a cru devoir corriger : Éloigne-toi de la personne, en éloigner la personne '
Clément Marot a dit encore :
Mon devoir veut qateêlongne votre face.
Désir me veut prés de vous retenir. {Élég., îx.)
Le peuple ne vouloit pas que Pompéius eilongnast de gueres loin la ville de Home, (àmyot, Vies, Crassus.)
Le roy, comme un Paris, affolé d'une Hélène,
Du feu chaud de l'amour portant son âme pleine,
Estimoit presque moins perdre sa royauté,
Que de sa dame amie éloigner la beauté. (Baïf, Poém.% tu DttJCéaii.)
Je n'ay vu qu'à regret la beauté du soleil,
Depuis qu'en soupirant yéloignay ce bel œil. (Birtadd, Stanc.)
Éloignant vos beautés, je vous laisse en ma place.
Mon cohut.~.
Mais quand je sois forcé d'éloigner votre vue....
(Dksport., Am. de Diane, i, Sonnet nu.) Mais il mt faut haater, qu'il ffeekngne le béni.
(Lasnmsi, ta thm. m&€*m. )