‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 211 sur 743 · ELITE. — ELOIGNER · texte numérisé non relu

ELITE. — ELOIGNER

ment, l£ chaleur des passions, les tendresses de l'amour et de l'amitié, et cet heureux assemblage est ménagé de sorte qu'elle x'cltve d'acte en acte. Le second passe le premier, le troisième est au-dessus du second, et le dernier l'emporte sur tous les autres. {Exam. de Rodog.)

ÉLITE, choix, comme on employait aussi élection :

C'est donc la vérité, que la belle Mélite

Fait du brave Philandre une louable élue.

Et qu'il obtient ainsi de sa seule vertu

Ce qu'Ëraste et Tircis ont en vain débattu. (Jftï., n, 7.)

ELLIPSE. Entre les ellipses si fréquentes dans le style de Corneille, les suivantes sont très-remarquables :

Pensez plutôt à ceux dont le service offert, Accepté vous conserve, et refusé vous perd. oorise. Crois-tu donc, assassin, m'acquérir par ton crime,

Qu'innocent méprisé, coupable je l'estime? {CU.t iv, 1.)

On peut y voir le modèle de l'ellipse si célèbre de YAndw>maque de Racine :

Je t'aimais inconstant, qu'aurais-jc fait fidèle?

ÉLOIGNEMENT, action de s'éloigirer de quelqu'un, avec le pluriel :

Le sang royal n'a point ces bas attachements

Qui font les déplaisirs de ces éloignemenis. {Œd„ î, 1.)

ÉLOIGNER de, suivi d'un infinitif, éloigner de régner, écarter du trône :

L'argent put inspirer la voix qui les prononce,

Cet organe des dieux put se laisser gagner

A ceux que ma naissance iloiguoit de régner, (Œd., m, 5.)

— éloigner quelqu'un, pour s'éloigner de quelqu'un; éloiuner quelque chose, pour s'éloigner de quelque cho$e :

Bien que voici éloigner ce me soit un martyre,

Puisque vous le voulez, je n'y puis contredire. [La Sun., m, 9.)

Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville.

Et pour joindre César n'ont avancé qu'an mille. (Pomp.% m, 1 .)

« Ont éloigné la ville » est un solécisme. Il fallait, « se sont éloignés de, » ou plutôt une autre expression, un autre tour, » dit Voltaire.

Le blâme est injuste. Éloigner, actif, dans le sens de s'éloigner de, fuir, éviter, était de la langue la plus correcte au dix-septième siècle, comme elle l'avait été au seizième et auparavant. « Il n'y a rien de plus commun dans nos poètes, tant anciens que mo-

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