ÉVAPORER. — ÉVIDENCE
taire , comme se taire :
Encore mais, tayras-Xuî (Serm.joy. de bien àoure.)
Voire au milieu de mon raartire.
Me faut essayer la satire,
Souffrir et (aire je ne puis. fJ.-A. de Baif, Les Mimes.)
ÉVAPORER, fig. évaporer son souci, comme on dit évaporer son chagrin , évaporer sa bile :
Et que le cœur lassé du souci qui l'accable,
Cherche à l'évaporer par de si vains discours? (fmtf., i, 10, éd. 1651.)
— évaporer des soupirs, exhaler des soupirs :
Ne pensez qu'à l'époux que mon choix vous destine,
Vinius vous le donne, et vous l'accepterez
Quand vos premiers soupirs seront évaporés. (Otk., v, 4.)
Corneille emploie fréquemment ce verbe avec le pronom personnel , dans le sens de s'exhaler, éclater au dehors :
J'ai caché' si longtemps l'ennui qui me dévore,
Qu'en dépit que j'en aye enfin Ws'évapore. {Pulch., u, 1.)
Souffrez qu'une imprudente ardeur, Prête à s'évaporer, respecte ma pudeur. (Ibid., u, l.j
Il est temps de te dire Et quel malheur m'accable, et pour qui je soupire : Le mal qui s'évapore en devient plus léger, Et le mien avec toi cherche à se soulager. {Sur., i, 1.)
On trouve de môme :
Ce fut là que la tendresse de- Cannante s'évapora sans scrupule et sans contrainte. (M*« de Villbd., Car amante, 2e p., 1. u.) — L'innocente joie aime à *'Awporer au grand jour, t J.-J. Rouss., Lett. à d'Alemb. sur les spect., et Nouv* BéL, iv, 10.)
Nous croyons que cette expression imagée pourrait encore très-bien s'employer aujourd'hui, au moins dans certains cas.
ÉVERTUER (s') , avec un nom de chose pour sujet :
A prosent il est temps que ma voix s'évertue. {La Veuve, ni, 10.Ï
Que les pleurs d'une amante ont de puissants discours,
Et qu'un bel œil est fort avec un tel secours !
Que mon cœur s'attendrit à cette triste vue !
Ma confiance contre elle à regret s'évertue. (Uor.t h, 5.)
ÉVIDENCE, se mettre en évidence, se produire, se déclarer :
De quel front oserois-je après sa confidence
Souffrir que mon amour »e mU en évidence ? (Suite du Ment., iv, 8.)