‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 26 sur 743 · AMOLLIR. — AMORCE · texte numérisé non relu

AMOLLIR. — AMORCE

Dans le même sens :

Ce n'est pas que je ne sache bien que l'utile a besoin de l'agréable pour s'in- >muer dans Y amitié des hommes. (Préf. do 17m il., 1670.)

On trouve quelques exemples de amitié, dans le sens de goût, en parlant de choses. Nous les rapprochons de celui de Corneille, bien que l'analogie ne soit pas parfaite :

Je jouois comme les autres, plutôt pour lier société avec des femmes, que par aucune amitié que j'aie pour le jeu. (M** de Yillkd., Vie de H. -S. de Mol.,v.)

AMOLLIR, fig. amollir un coup, le rendre moins rude :

La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte,

Elle n'est qu'un effet d'impuissance et de crainte,

Et qui si près du mal s'amuse à menacer

Veut amollir le coup qu'il ne peut repousser. [Théod. , i, 3.)

— amollir la haine, l'adoucir, la calmer :

Et le sort l'eût-il fait encor plus inhumaine,

Une larme d'un fils peut amollir sa haine. {Hodog., h, 4.)

Que veux- tu pour marque plus certaine, Que l'intérêt d'un fils n'amollit point ma haine? {Penh , m, 3.)

On trouve, avec quelques nuances de signification, dans le sens d'adoucir, de calmer, de fléchir, d'attendrir :

Priant Dieu, qu'il voulsist amollir la colère de Picrochole. (Rabel., i, 32.) — Archélaùs prit la parole, et la pria d'amollir son courroux. (Amyot, Vie*, Sylla.)— La plus commune façon d'amollir les cœurs de ceux qu'on a offencés , lors qu'ayans la vengeance en main, ils nous tiennent à leur mercy, c'est de les esmouvoir par soubmission, à commisération et à pitié. (Mont., Ess.f i, 1). — Vous avez pu vous endurcir contre ce qui étoit le plus capable d'attendrir une âme, de la gagner, et d'amollir les plus durs sentiment de voire cœur. (Mass., Serm. pour le 3* dim. de car., sur le péché mortel.)

Tantôt par des remords il l'agite et le trouble.

Tantôt par des attraits que sa bonté redouble

Il amollit enfin cette longue rigueur,

Et le vaincu se jette aux pieds de son vainqueur. (L. Racine, La Grâce } m )

AMORCE, fig. amorce de (un subst.), ce qui excite à :

Et nous verrons toujours, si Dieu le laisse vivre, Un change, un repentir, un pardon s'entresuivre. Ce dernier est souvent V amorce d'un forfait. (La Place Roy., n, 4.)

— jeter une amorce a, suivi d'un substantif :

Qui pardonne aisément invite à l'offenser.

Et le trop de bonté jette une amorce au crime. {OEuvr, div.)

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