FÉLICITÉ. — FER
Ces seigneurs qui , pour sortir d'un mauvais pas, se feignent estre les valets de leurs valets. (Gougeno-t* Corn, des Comédiens, i, 1.)
Demoniacle en se Joignant estre ange. (Deplor. de la cité de Genefve.) Se feignant, pour passer le temps, Avoir cent mille écus contans. (Régn., Epist., m.)
FÉLICITÉ, avec le pluriel :
Les dieux empêcheront l'effet de ces augures,
Et mes félicités n'en seront pas moins pures. \Pomp., v, 4.)
Où leurs félicités doivent être infinies. (Polyeucte.)
Que vos félicités, s'il se peut, soient parfaites. {Ibid.)
J'estime trop une si belle flamme.
Pour vouloir mettre obstacle à vos félicités. (T. Corn., Circé, v, 6.)
« Ce mot , remarque Voltaire, dont l'observation a été répétée par M. Guizot dans ses Synonymes, ne se dit guère en prose au pluriel, par la raison que c'est un état de l'âme, comme tranquillité, sagesse, repos; cependant la poésie, qui s'élève audessus de la prose, permet qu'on dise dans Polyeucte, etc. » (Dictionnaire philosophique, art. Félicité.)
L'emploi de félicité au pluriel , même en prose, peut être aussi légitime que celui de tant d'autres termes abstraits pluralisés t que nous étudierons à notre article HONTE.
De quel comble de gloire et de félicités.
Dans quel abîme affreux vous me précipitez! (Bac, Mithr., n, 6.)
S'il a la bonté de vouloir s'amuser avec vous, c'est une des grandes félicités qui vous puissent arriver. (Racine, Le il. à son fils.) — On employa des mesures rigoureuses afin de convertir au culte de l'égalité d'honnêtes paysans auxquels leur prétendu esclavage pesait beaucoup moins que l'affranchissement dont on les forçait d'accepter les orageuses félicités, (Crktinbau-Joly, La Vendée militât, i.)
FENDANT, fanfaron, faire du fendant, comme faire le fendant:
Faire ici du fendant tandis qu'on nous sépare,
C'est montrer un esprit lâche autant que barbare. (La Veuve, îv, 3.)