‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 282 sur 743 · GAGNER. — GAILLARD · texte numérisé non relu

GAGNER. — GAILLARD

GAGNER, fig. gagner des gombats, comme Ton dit gagner des batailles :

Gagnerait de$ combats, etc. (Le Cid% i, 4, v. 54, 1" éd.)

L'Académie avait fait cette observation à propos de la critique de Scudéry qu'elle confirmait :

« L'observateur a repris cette façon de parler avec quelque fondement, parce qu'on ne saurait dire qu'improprement : gagner des combats. »

Voltaire, avec raison, s'inscrit en faux contre cette décision :

& Si on gagne des batailles, pourquoi ne gagnerait-on pas des combats? »

Cependant Corneille , dans les éditions postérieures à la première, a sacrifié l'expression gagner des combats, et a mis :

Le prince à mes côtés feroit dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras !

— gagner, obtenir à force de peine :

Et soudain sa colère a trahi son amour,

Avec tant de transport et tant d'impatience,

Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. (Le Cid, v, 6.)

— gagner sur.... que, suivi d'un futur :

il vient de me quitter assez triste et confus;

Hais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus. (Pol., u, 4.)

— gagner, avec un nom de chose pour sujet, et un nom de personne pour régime indirect, faire obtenir:

Il faut envoyer par avance

Tes bonnes œuvres devant toi,

Qui de ton juge et de ton roi

Puissent te gagner la clémence. (fmif., î, 23, éd. 1053.)

— le gagner contre quelqu'un, avoir F avantage sur quelqu'un :

Ne pouvant le gagner contre toi de paroles,

J'opposerai l'effet à tes raisons frivoles. (Clit. , v, 3, 1"' éd. jusq. 1644 incl.?

GAILLARD, avoir l'esprit gaillard, avoir l'esprit vif et gai :

Cette fille est jolie, elle a Cet prit gaillard. (Suite du Menu, i, 3.)

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