GAGNER. — GAILLARD
GAGNER, fig. gagner des gombats, comme Ton dit gagner des batailles :
Gagnerait de$ combats, etc. (Le Cid% i, 4, v. 54, 1" éd.)
L'Académie avait fait cette observation à propos de la critique de Scudéry qu'elle confirmait :
« L'observateur a repris cette façon de parler avec quelque fondement, parce qu'on ne saurait dire qu'improprement : gagner des combats. »
Voltaire, avec raison, s'inscrit en faux contre cette décision :
& Si on gagne des batailles, pourquoi ne gagnerait-on pas des combats? »
Cependant Corneille , dans les éditions postérieures à la première, a sacrifié l'expression gagner des combats, et a mis :
Le prince à mes côtés feroit dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras !
— gagner, obtenir à force de peine :
Et soudain sa colère a trahi son amour,
Avec tant de transport et tant d'impatience,
Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. (Le Cid, v, 6.)
— gagner sur.... que, suivi d'un futur :
il vient de me quitter assez triste et confus;
Hais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus. (Pol., u, 4.)
— gagner, avec un nom de chose pour sujet, et un nom de personne pour régime indirect, faire obtenir:
Il faut envoyer par avance
Tes bonnes œuvres devant toi,
Qui de ton juge et de ton roi
Puissent te gagner la clémence. (fmif., î, 23, éd. 1053.)
— le gagner contre quelqu'un, avoir F avantage sur quelqu'un :
Ne pouvant le gagner contre toi de paroles,
J'opposerai l'effet à tes raisons frivoles. (Clit. , v, 3, 1"' éd. jusq. 1644 incl.?
GAILLARD, avoir l'esprit gaillard, avoir l'esprit vif et gai :
Cette fille est jolie, elle a Cet prit gaillard. (Suite du Menu, i, 3.)