GÊNER (SE
Cessons de nous gêner d'une crainte inutile. [GEd.t v, 12.)
Les contestations de ces recherches vaines Ne laissent aucun fruit après beaucoup de peines, Ce n'est que se gêner d'un frivole souci. (Imii., m, 58.)
Ceux qui s'attachent aux commentateurs de ce philosophe, lis se gênent sur et passage, et s'accordent si peu l'un avec l'autre, que.... [Deux. Dise,)
Gêne y gêner, sont des mots qui, comme ennui, ont perdu l'énergie qu'ils avaient primitivement.
Racine, dont Voltaire s1 autorise, a employé gêner dans le
même sens que Corneille :
Quoi! ne vous plaltez-vous qu'à vous gêner sans cesse?
Jamais dans un grand cœur vit-on plus de foiblesse? (fier., in, 2.)
Quelques exemples prouveront surabondamment que ce sens était général au seizième et au dix-septième siècle :
Tu verras ces vaillans, en leurs vertus extresmes,
Avoir vescu géhenne* et estre morts de mesmes. P'Aub., Tragiq., n.)
Quelquefois nous sommes gehenmz (laboromus) par l'amour que uous nous portons,
et quelquefois par le dégousl que nous avons de nous-mesmes. (Du Ryer, Trad.
des Quest. nat. de Sén., iv, préf.) — Vous savez , grand Dieu ! que le commerce
des méchants me déplaît et me gêne. (Mass.» Paraphr. mor. de plus. ps.y xv.)
GÉNÉREUX, subst., homme magnanime :
En vain d'un sort si triste on les veut garantir,
Ces cruels généreux n'y peuvent consentir. (ffor., m, 2.)
Et peu de généreux vont jusqu'à dédaigner,
Après un sceptre acquis, la douceur de régner. (Cin., n, 1.)
L'État, qui dans leur mort voyoit trop sa ruine, Avoit des généreux autres que Léontine; Ils trompoient d'un barbare aisément la fureur,
Qui n'avoil jamais vu la cour ni l'empereur. {Héracl., m, 3.)
Parmi les généreux il n'en va pas de même; Ils savent oublier quand ils ont le dessus,
Et ne veulent que voir leurs ennemis confus. (Nicom., v, 7.)
C'est une confiance de généreux à généreux f de Romain à Romain. [Sert., au lect.) ... Il n'appartient qu'à de vrais généreux D'avoir celte pitié des princes malheureux. {So piton., m, 7.)
On trouve d'une manière analogue :
Usez en généreux de tous vos avantages. (Mol., D. Gare., v, 5.)
... Oronte est malheureux, Mais il fut le premier entre les généreux. (Pkllis., Êiég.)
Est-il donc permis à un sujet d'avoir de la force contre son prince, et pensant en faire un généreux, n'en ferons-nous point un rebelle? (Boss., Panég. de S. Franc.