‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 286 sur 743 · GÊNER · texte numérisé non relu

GÊNER

nous qu'embarrasser, inquiéter. Ainsi Pyrrhus dit à Andromaqmj Ah! que vous me gênez ! Il vient à la vérité originairement géhenne, vieux mot tiré de la Bible qui signifie torture, mais jamais il n'est pris en ce dernier sens. »

Corneille a encore dit :

Comme sa cruauté, pour mieux gêner Maurice,

Le forçoit de ses fils à voir le sacrifice,

Ce prince vit l'échange et l'alloit empêcher;

Mais l'acier des bourreaux fut plus prompt à trancher. (BiracL,\^ ^

Et le commentateur a encore répété la même critique : € Fore* un père à voir égorger ses enfants, est-ce là simplement legêaerl n'est-ce pas lui faire souffrir un supplice affreux? Que le toi propre est rare , mais qu'il est nécessaire! »

La remarque de Voltaire et ses interrogations et exclamation! sont étonnantes, et presque risibles.

Corneille a dit encore dans le même sens , et d'une manière également irréprochable :

Puis- je d'un tel chagrin savoir quel est l'objet? cirna. Emilie et César. L'un et l'autre me gêne;

L'un me semble trop bon, l'autre trop inhumaine.

Plût aux dieux que César employât mieux ses soins,

Et s'en ftt plus aimer, ou m'aimât un peu moins. (Ci*., i». *•)

C'est trop me gêner, parle. (lbid.,M,*-)

La reine, à la gêner, prenant mille délices, I

Ne commettoit qu'à moi l'ordre de ses supplices. (/fctd-, ^ I

Ah ! que vous me gênez \

Par cette retenue où vous vous obstines! [lbid.t m, M >

Mais quoi! vous soupirez? • perses. J'en ai bien lieu, Madame!

cassiope. Le sujet? ]

perséb. Voire joie. ]

cassiope. Elle vous gêne l'âme! [Ândrom..^^ \

Et puisqu'ici le ciel vous offre un autre époux,

D'un rang pareil au vôtre, et plus digne de vous,

Ne vous obstinez point à gêner une vie

Que de tant de malheurs vous voyez poursuivie. {La Toit, for, ui« "

Certes, si je l'osois, je nommerois caprice

Ce trouble ingénieux à vous faire un supplice.

Et l'obstination des soucis superflus

Dont vous gêne ce cœur quand vous n'en voulez plus. [Sopk.% '• '

Cependant cours au temple, et presse un peu la reine . %

D'y terminer des vœux dont la longueur me gêne. {Ibid., i>>* '

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