‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 298 sur 743 · HAUSSER. — HAUT · texte numérisé non relu

HAUSSER. — HAUT

— hasarder sur , avec on nom de pers. pour sujet :

Que je paisse abuser ainsi de s* puissance!

Hasarder vos plaisirs sur votre obéissance,

Et de libérateur de vos rares beautés,

M'élever en tyran dessus vos volontés 1 [Amdrwm., iv, l.)

— hasarder, absol. :

On court, à la vérité, quelque risque de s'égarer, et même on s'égare asseï suivent quand on s'écarte du cbemin battu ; mais on ne s'égare pas toutes les fois qu'on s'en écarte. Quelques-uns en arrivent plus tôt où ils prétendent, et cbscm peut hasarder à ses périls. {Âgés., préf. )

Seigneur, quelle mesure avez-vous à garder?

Quand on voit tout perdu, craint-on de hasarder? (Hfe et Bér., 1,3.)

Laissons- lui toutefois soulever des mutins,

Hasardons sur la foi de nos heureux destina. (ièki., vt 1.)

Corneille a dit d'une manière assez singulière :

Mais Rome dans ses murs n'a-t-elle qu'un seul hommo?

N'a-t-elle que Pison qui soit digne de Rome?

Et dans tous ses États n'en sauroii-on voir deux

Que puissent vos bontés hasarder à mes voeux. (OfJr., ni.î.)

— hasardé, partie, passé:

Un accord imprévu confondoit nos soupirs,

Et <Tun mol échappé la douceur hasardée i

Trou voit i'àme en tous deux toute persuadée. {Sur., î, 1.)

HAUSSER, fig. hausser le prix d'une chose, le faire paraître plus grand :

Plus vous me faites voir d'amour et de mérite,

Plus vous haussez le prix des trésors que je quitte. (La Tois. oTor, ui, 3.)

— hausser la parole, à peu près comme on dit, hausser le ton :

Pour envoyer l'effroi sous l'un et l'autre pôle,

Je n'ai qu'à faire un pas, et hausser la parole. (TUe et Mr., u, 1.)

HAUT, fig., éclatant, une vengeance plus haute :

Je veux une vengeance et plus haute et plus prompte. (M éd., iv, 5.)

— haut, sublime, un haut chef-d'oeuvre :

Les bons esprits trouvèrent que vous avez fait tin haut chef-a* œuvre de doc* trine et de raisonnement en vos observations. (Lett. apolog.)

— sur le haut d'un trône , comme sur le trône :

C'est quitter, c'est trahir les droits du diadème

Que sur le haut dun trône être esclave moi-môme. (PerfA., 1, 4.)

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