‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 350 sur 743 · IMPUR. — IMPUTER · texte numérisé non relu

IMPUR. — IMPUTER

IMPUR, subst., ce qui est impur, impureté :

Par là de tout Yimpur la souillure s'efface. (/mil., ui, &)

Et que l'embrasement d'une flamme si pure

Efface tout Yimpur dont tu me vois taché. [Ibkt.t if, 9.)

IMPUTER a , estimer, juger, regarder comme :

Et a voulu taxer de légèreté une action qui fut imputée à grandeur decoonje par ceux qui en furent les témoins. [Le Cid, avertis*.)

— imputer a, avec un régime indir. de personne; mot à mot, compter à..., comme... : i

Et Cinna vous impute à crime capital

La libéralité ver3 le pays natal ! (Ci»., n. M

Mais d'avoir cru mon âme et si foible et si basse,

Qu'elle pût m1 imputer votre hymen à disgrâce. ( Sophon., ui, 1)

— De mêjne avec le pronom réfléchi, régime indirect :

Et je m'imputoië même à trop de vanité

De trouver entre nous quelque inégalité. (Heracl., ui, L)

Cette locution, aujourd'hui d'un usage restreint, s' appliquait autrefois à des cas bien plus nombreux, comme les exemples suivants le montreront :

Il crut en Dieu, et il lui/ui imputé à justice. (Saint Faaxç. dk Salis, De Camov de Dieu, i. 11.)

Peuple qui me veux mal, et m imputes à vice

D'avoir été payé d'un lidèle service,

Où trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien,

Et ne recueillir rien? (Malh., Stanc, 1596..

Impuur non à louange, ains à une affection... (Pasq., Lett.% vu, li.) — Wmputez point mon ignorance à outrage. ( Vaigel., Trad. de Quinte-Curce, v, 2. ) — Il manda au prince qu'il ne falloit plus différer; et qu'il luy impuitrou à pea de cœur, s'il remettait la partie à une autre fois. ^Gomberv., CyfAer., 1,3.)—- Puisque par rostre incomparable indulgeance je me trouve en possession de cette gloire, ne m'tmpuuz pas s'il vous plaist ù effronterie, si je prends la hardiesse de \ous en demander la continuation. 'Jd., ibid., u, 3.) — Le saint docteur traite d'aveugles et d'impies ceux qui ne veulent pas reconnoitre que la religion soit une chose où l'on ne peut jamais ùter, ni ajouter, ni changer, en quelque temps que ce soit : le ministre impute* au contraire, à aveuglement eta ût* piele de n'y \ouloir point connoltre de changement ni de progrès. ,Boss.. Pw* liiyri. i:iij prottst.' — Cette entreprise par laquelle vous prétende! vous honorer ne >ous fera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu. Jd., Polit., vu, S.)

— impi ter, avec le prou, pers., dans le sens passif:

Rabattez cet orgueil, faites-lui soupçonner

Que vous tous en piquez jusqu'à l'abandonner,

La crainte d'en \oir naître une si juste suite.

A \i\re c-mme il faut l'aura bientôt réduite,

Elle en fuira la honte, et ne souffrira pas

Que ce change s'impute à son manque d'appas. \Lbl G+L dm Fa/., ni, *•)

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