INTRIQUE
songer en , pour songer à :
On dit que les avaritieux et avaritiêuses ont aussy ceste humeur de songer fort à leur morte» leurs trésors d'escus, les ayant tousjours en labouche. (Brant., Dames gai. , 8* dise.)
Et je m'estonne fort pourquoy
La mort osa songer à moy.
Qui ne songeay jamais en elle. (Régnier, Êpitaphe.)
C'est, je vous jure, tout ce que l'on peut faire avec eux que de songer deux ou trois fois le jour en la meilleure de ses amies. (Voit., Lett., cxxviu.) — Si je ne songe pas souvent en vous, c'est de si bon cœur quand cela m'arrive, et avec tels sentiments, que je suis asseuré que vous en seriez satisfaite, (ld., ibid.) — Dans cet espace de temps je songeay y je vous l'avoue, trois ou quatre Sfois en mademoiselle **• ; le reste je l'employay à penser en madame vostre mère et en vous. (Id., ibid., cxxix, Lyon, 1661.)
Rien n'était si fréquent que de remplacer à par en. Ainsi Ton disait encore :
il ne tient qu'en, pour t7 ne tient qu'à :
Ce soir vous parlerez avec Marie, ou i7 ne tiendra qu'en vous. (Lariv. , Le Laq.% u, 3.) Je suis bien asseuré qu'il ne lient pas en elle. (VéaoNN.,L7mpuw*.% m, 1.)
condamner en, pour condamner à :
Les Lacédémoniens condamnèrent leur roy en une grosse amende. (Amyot, Vies, Périclès.)
se remettre en, pour** remettre à :
De quoy je me remets neantmoins en vous. [Lett. miss, de Henri ZV, t. îv, p. cxxxn.)
en dessein de , pour à dessein de :
J'ay différé tant que j'ay pu, en dessein de mesnager une lettre. (Voit., Leit. 132.)
en lieu de, pour au lieu de :
En lieu du service divin,
Fauitgéter hazard sur le vin. ( Les dix Comm. de C Antéchrist, dans le livre du Boy Modus et de la Rogne Ratio.)
en votre contentement, pour à votre contentement :
Tost ou tard je recognoistroy vos services en vostre contentement. {Lett. miss, de BmilV, t. îv, p. 346, à M. de Brèves, 27 avril 1595.)
INTRIQUE, subst. masc, pour intrigue, dans le sens actuel , ou dans celui d'embarras, d'affaire fâcheuse :
Ce sont deux intriques qui rompent l'unité d'action. {Exam. de la Suiv.) — Situ n'es homme à te contenter de la naïveté du style et de la subtilité de Vmtrique,]e ne t'invite pointa la lecture de cette pièce. (La Veuve, au lecl.) — Celte possession de vous-même, que vous conservez si parfaite parmi tant d'intriques où vous semblez embarrassé. {La PL Boy., à M. ♦♦♦.)