‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 362 sur 743 · INVAINCU · texte numérisé non relu

INVAINCU

Ton bras eu imvameu, mais non pas invincible. (Le Cid., u, 2.)

Ce bonheur a suivi leur courage imtmmeu

Qu'Us ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu. (ffor., tu, 6.

Que reste-t-il à dire? un courage avança? {Smùe dm Meut., u, V

Voici les remarques de Voltaire sur le vers : Ton bras eu invaincu, mais non pas invincible.

« Ce mot invaincu, dit-il, n'a point été employé par les autres écrivains; je n'en vois aucune raison : il signifie autre chose qu'indompté; un pays est indompté, un guerrier est invaincu. >

A propos du second exemple :

Ce bonheur a suivi leur courage invaincu,

le commentateur répète encore : « Ce mot invaincu n'a été employé que par Corneille, et devrait l'être, je crois, par tous nos poètes. Une expression si bien mise à sa place dans le Cid et dans cette admirable scène ne doit jamais vieillir. »

M. l'abbé Féraud, dans son Dictionnaire critigue, prétend, comme Voltaire, que l'adjectif invaincu est de l'invention de P. Corneille. C'est une erreur; on le trouve longtemps avant notre grand poète. Ronsard Fa employé plusieurs fois dans des exemples connus, et on en trouve, chez différents auteurs, d'autres en assez grand nombre, tels que ceux-ci :

Son courage toujours demeure invaincu, et ne se peut perdre pour quelque étonnement de la mort, tant espouvantable puisse-t-elleestre.(MBRL. de Coccaib, Théoph. Folengo, 1. 1, p. 128.) — Quoiqu'on m'emmène lié, je demeure neantmoins invaincu, vainqueur de mes ennemis. (Amtot, Vies, Eumene.)

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