‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 363 sur 743 · INVENTIF. — INVERSION · texte numérisé non relu

INVENTIF. — INVERSION

Le mal gaigne le corps, pren l'esprit invaincu. (D'Aub., Les Trag., îv.) Pais l'Église acoacha comme d'une ventrée

De Thorb, de Bewerland, de Y invaincu Sautrée. (Id., ibid.)

11 demeura invaincu dans ce combat. (D'Urfb, Astr., i, 5.)— Si voulut-elle se monstrer aussi bien invaincue à ce desplaisir, qu'elle avoit tousjours fait gloire de l'estre à tons les antres. (Id., ibid., î, 10.)

J'entens au doux conflit qu'à l'honneur de Bacchus Les fameux biberons, à tauper invaincus, Font le verre à la main, sans projet d'autre gloire Que de celle qu'on gaigne à force de bien boire. (St-Amant, Le Cantal.) Ce cocq des beaveurs invaincus. (Id., La Home ridic, xlvii.)

Après avoir passé comme un éclair en Hollande, et réduit ces colosses invaincus à n'avoir plus contre l'ardeur de vostre courage d'autre azyle ni d'autres remparts que la mer et les tritons. (D'Assouct, Avent., Éptt. au roi.) Ce que Diomède n'a pu, Ni lo Péléïde invaincu* (Scarr., Virg. trav., u.)

Le père de La Rue a employé l'adjectif invaincu dans l'oraison funèbre du maréchal de Luxembourg (1695).

Furetière condamne ce mot , et le trouve à peine supportable en poésie, par opposition à invincible. Il n'en fut pas moins, et avec raison, selon nous, employé encore au dix-huitième siècle par plusieurs auteurs :

Que nos braves guerriers et vos Grecs invaincus

Une seconde fois fassent trembler l'Euphrate. (Volt., Olymp., î, 2.)

Opposer au vainqueur un courage invaincu. (Saurin, Spart., îv, 3.)

On retrouve encore quelques exemples de cet utile adjectif dans les écrivains modernes :

Ce fut un douloureux spectacle pour les bons citoyens que de voir rentrer en France les garnisons invaincues de soixante places fortes. (H. Martin, Hist. deFr.% 1559.) — Montrer en lui l'athlète vaillant au combat de la vie, qui lutte et grandit jusqu'au bout de ses forces, et quitte l'arène, blessé à mort, mais invaincu. (Gilb., Bloge de Vauven.)

INVENTIF en :

Préparez seulement des gènes, des bourreaux ;

Devenez inventifs en supplices nouveaux. (Méd., v, 5.)

INVERSION. Un des caractères les plus marqués de la langue poétique de Corneille, c'est la fréquence et la hardiesse de l'inversion. Nous en signalons, dans le cours de ce Lexique, de nombreux exemples; quelques-uns seront ajoutés ici sans inutile commentaire, comme moins susceptibles d'entrer dans des articles détachés, et comme achevant de mettre ce fait en relief :

J'ose dire, seigneur, que par tous les climats

Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'États. {Cin.9 il, 1.)

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