‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 379 sur 743 · LE. H · texte numérisé non relu

LE. H

ta Se?., uu *. )— H en mut dira autant de Franco*, que le Manethon do même Amahu nova supose pour fils d'Hector de Troye, et ramené en Gaule pour y és*e gendre et aneeessenr du roy Bemus. (Misas., Bisu de tr. av. Cle*., i, l ) — Les Florentins luy détenoient Montfeltre, et quelques autres terres que Léon X avoit prises sur luy, et les leur avoit engagées. (Id., À br.de CBist. de IV., an 1627.) — Ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement à une raison plus haute que nous devons adorer, et non tenter vainement de la comprendre. (Bons., Serai, pour le vendr. de la troie. sem. de car., i.) — Saint Paul parloit obscurément de ces choses, ou par respect pour les puissances établies de Dieu, ou pour ne point exciter la persécution que les fidèles doivent attendre en silence, et non ta provoquer par aucun discours. (Id,, Frag. sur <nv. tmat. de eontrow., 5* frag.) — C'est cette bonne intention qu'il faut renouveler souvent pendant le jour, et eentinueUement prier Dieu de la fortifier. (Id., Méd., Serm. de N.-S. sur la mon-

e. xxix.) C'est ce qu'on ne sauroit aesex vous rappeler, ni vous le mettre trop le cœur. (Id., Lett., à M*» D'Alb. de Luyn., 5 nov. 1094.) — Ce fond étoit le i de la couronne, lequel ^Vouloft entièrement dégager, et f accroître par quantité de nouveaux droits. (Pana»., Bisu de Henri IV, 8«p., 1606.)— C'est ainsi qu'il* en ont usé contre le curé de Libourne en Guyenne, qu'ils firent accuser de Jansénisme par des récollets, et Jfceitérent devant des commissaires qu'ils lui firent donner par les gens du conseil de M. raienetdque de Bordeaux. (La Maist., Lett. eTmm ewoc. au Part., etc.) — Le second hit David de la tribu de Juda que Dieu troora selon son cœur, et le fit sacrer avec de l'huile sainte par le prophète Sa-

I. ( Fuuiv, CaticK hist., 1n p., xvi.) — Comme l'hymne de S. Athénogène, théologien du même siècle, qu'il chanta avec joie étant près d'entrer dans le feu, et la laissa par écrit à ses disciples. (Id., Mœurs du ckrêi., xxu.) —Défaut naturel au sexe, qu'on doit combattre de bonne heure, et non f entrelenii et t augmenter en s'y livrant. (Boll., Traiié du Êtud>, 1. 1, e. *, art. a, g4.)

De même en plein dix-huitième siècle, mais par une reprochable infraction aux lois de l'usage et de la logique :

Cent un homme qu'il faudrait enlever de chez lui, et le prendre par foret pour lui faire faire ce qu'il veut (J.-J. Rouas., 1*/., 4M-* d'Épiney, à l'Irmitnfs, 1756.)

— Ce fat un de ees plaisirs de l'âme que les persécuteurs ne sauraient'eonneitre si ist ôter aux opprimés. (Id., Cen/etf., xii.)

Lui, régime indirect, jouait souvent le môme rôle :

On eût pu lui donner le nom de bonne aussi bien que celai de grande, si elle n'eût pas traité si inhumainement, comme elle fit, sa cousine germaine Marie Smart, reine d'Ecosse, qu'elle tint dix-huit ans prisonnière, et puis lui fit couper la tête. (PÉasp., Hist. de Henri IV, 3" p., 1603.) —Par quels organes mettra-telle en oeuvre la matière à qui elle doit donner tant de forée, et lui inspirer nonfeulement le mouvement et la vie, mais une imitation de la raison? (Duouxt, CBuv. des six jours, vi.)

Nous indiquerons comme faits analogues les exemples suivants :

Hastivement passa la terre, Dont U osta jadis la guère Qui à toz ses ancessors fa,

E il meïsmes cuens en fa. [fie du pape Grégoire U Grand.)

Ile se figuroientune infinité de dieux, à qui ils donnoient différents noms selon

les pays, et en contoient mille fables ridicules. (Flkury, Petit Catien, hist., vus.)

— Cest un autre ennemi qu'il faut combattre, et en porter tout le poids et la violence. (Folaud, Traité de la colonne, v.)

Dans ces phrases, en tient la place de dont, comme, dans d* autres, le tient la place de que, lequel, laquelle, et lui, la place de à qui, auquel, à laquelle, etc.

— le, pronom, se rapportant à un substantif que l'article n'accompagne pas :

Quand je me fais justice, il faut qu'on se la fasse. (Cm.)

Il nie fera justice encor qu'il soit bon père,

Ou Rome, à son refus, se la saura bien faire. (Nicom., ni, 3.)

Mais, seigneur, étant seuls, je parle avec franchise.

Bannissant les témoins vous me f avez permise. (Sert., m. 1.)

La rigueur de la grammaire ne permet pas aujourd'hui de rapporter ainsi un pronom à un substantif sans article. La même vétille pourrait être relevée dans Corneille à propos du pronom en, de sien, lui, elle, eux :

Faites grâce, seigneur'; ou souffrez que j'en fasse.

Et montre à tous par là que j'ai repris ma place. (Pomp., îr, 3.)

Allez lui rendre hommaye, et j'attendrai le sien. (Ibki.. u,3.)

Seigneur, si j'ai raison, qu'importe à qui je sois?

Perd-elle de son prix pour emprunter ma voix? (Nicom., î, %)

Cette règle impérieuse, et quelquefois gênante de la grammaire française, est souvent négligée par de bons auteurs, comme elle l'a été par Corneille :

Elle leur défend encore plus fortement que les lois civiles de se faire justice s eux-mêmes ; et c'est par son esprit que les rois chrétiens ne se la font pas dans les crimes même de lèse majesté au premier chef. (Pascal, Provinc., xiv.j — Il oe suffit pas d'avoir raison; c'est la gâter/ c'est la déshonorer que de la soutenir d'une manière brusque et hautaine. (Fbnelon.) — C'est une question de morak, laquelle se mêle peu de la conduite des souverains. (Voltaire.) — Il m'a piro que vous m'écoutiez avec attention tandis que je lisais. — Est-ce qu'on peut la refuser au ridicule? (Diderot.)

J.-J. Rousseau est peut-être de tous nos écrivains celui qui offre le plus d'exemples de la violation de cette règle, comme dans les phrases suivantes, dont plusieurs sont tout à fait choquantes :

Je ne leur dois que justice en parlant d'eux, et je la leur rends. [Les Confess.. — Valère. 0 ciel ! et je ne meurs pas de honte!— M arton. Eh! monsieur, vous êtes peutêtre le seul de votre ordre qui la connaissez. (Narcisse, se. 17.) — Ce n'est pas assez de finir par rendre justice, quand on commence par en manquer. (Leu., à M. Liard, 19 avril 1766.) — J'avais le plus grand besoin d'un protecteur qui ne dédaignât pas ma confiance, et où pourrais-je mieux le chercher que parmi cette illustre noblesse à laquelle je me plaisais à rendre honneur , avant de penser qu'un jour j'aurais besoin d'elle pour m'aider à défendre le mien? (1M.)

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