LOUANGE. — LOURD
de Lyon ; lorsque Luther s'éleva, il en trouva quelques églises dans la Bohême et surtout dans la Moravie, qu'il détesta durant un long temps. (Boss., Var., xi, cxlix.) - J'ai repris ces études, qu'à la vérité je n'a vois jamais abandonnées, mais que d'autres occupations avoient ralenties quelquefois et interrompues un fort longtemps. (Mauciioix, Prem. Tu se ut. de Cic.) — L'on ne peut détruire les habitudes vicieuses que par un long temps. (Flbury, Moeurs des chrét., n, 5.) —On voit que les parois de ces fentes ont été usées et même polies par l'eau, et que par conséquent elle les a remplies et baignées pendant un assez long temps. (Bufp., Époq. de la Nat., 3e époq.) — Un long temps s'écoula avant qu'Amélie pût amener le docteur à l'écouter. (M»6 Riccob., Amélie, n.) — Un long temps s'est passé avant qu'il osât se l'avouer à lui-même. (Id., Miss Jenny, m.) — D'autres destinées appelaient déjà Daru et l'arrachaient pour un long temps à cette habitude littéraire et académique qui lui plaisait avant tout. (Stk-Beuvb, Caus., 13 fév. 1854.) — Sans autoriser d'ici à un long temps la publication de ces récits. (Id., tbid., 20 fév. 1854.) — Nous sommes arrivés à une période en apparence stable, parce que nous ne considérons la terre que pendant sa vie de quelques siècles ; cette stabilité ne saurait être admise pour un long temps. (Alph. Macrt, Prem. âges de notre planète, 2« p., m.)
Dans tous ces exemples long temps est mis pour temps long. Nous les avons rapportés pour montrer que souvent cette forme remplace avantageusement l'adverbe actuel, lequel n'est pas susceptible des mêmes variétés d'emploi.
LOUANGE, dans le sens de laus, gloire :
Couvert ou de louange ou d'opprobre éternel. {Héracl., îv, 4.)
Le latinisme n'a pas encore été compris par Voltaire. Ce sens
ancien s'est longtemps soutenu et a été, de notre temps, rajeuni
par de grands écrivains :
C'est la louenge d'ung religieux d'aller peu souvent hors de son cloystre. (Intern. cotisoL. m, 20.) —Quant à la piété, religion, intégrité de mœurs, magnanimité de courages et toutes ces vertus rares et antiques (qui est la vraie et solide louange), la France a toujours obtenu, sans controverse, le premier lieu. (Dubbllat, Illustr. du lang.fr., n, 12.) — ... Qui vous sera une grande louange, et à moy un grand contentement. (Lett. miss, de Henri IV, 25 sept. 1589, t. in , p. 45.) — Comme le mérite des orateurs n'est pas de se servir de figures, mais de s'en bien servir, la louange d'un architecte n'est pas aussi d'employer des colonnes, des pilastres et des corniches, mais de les placer avec jugement, et d'en composer de beaux édifices. (Perr , Paraît, des anc. et des mod., 1er dial.) — Je ne conviendrai jamais que ce soit une petite louange d'imiter bien la nature. (Id. , ibidm., iv* dial.] — S'il est vrai que l'obscurité soit le plus grand de tous les vices, en fait de style, comment lui conserver la louange d'avoir excellé dans cette partie? (Id., ibid., ue dial.)
On a dit de même de nos jours :
11 a gardé le mérite de la clarté du récit intéressant et rapide , et cette louange d'avoir été quelquefois peintre dans un abrégé. (Villem., Tabt. de la littér. franc, au dix-huitième siècle, xvii« leç.)
LOURD, fig. artifice lourd, artifice grossier :
V artifice est trop lourd pour ne pas l'éventer. {Pol., v, 1.)
Tu te laisses donc prendre à ce lourd artifice ? (La Veuve, îv, 5.)