MAISON. — MAITRE
— Avec un sens analogue, employé dans le style noble :
Elle aime don Rodrigue, et le tient de ma main,
Et par moi don Rodrigue a vaincu son dédain. (Le Cid, i, 2.)
— un époux de leur main, un époux qui est leur créature :
Choisissez de vous-même, et je ferme les yeux.
Que vos seules bontés de tout mon sort ordonnent.
Je me donne en aveugle à qui qu'elles me donnent.
Mais quand vous consultez Lacus et Martian,
Un époux de leur main me parott un tyran. (Oth., m, 3./
— a la main. Corneille dit, d'une manière très-particulière, mon trépas a la main, pour signifier, tenant ma mort dans ses mains :
M'enlever mes enfants, c'est m'arracher le cœur;
Et Jupiter tout prêt à m'écraser du foudre,
Mon trépas à la main, ne pourroit m'y résoudre. (Médée, m, 3.)
— H dit encore, sa vengeance a la main, pour signifier tenant sa vengeance dans ses mains :
Sa vengeance à la main, elle n'a qu'à résoudre,
Un mot du haut des cieux fait descendre le foudre. (Itod., m, 1.)
MAISON, être dans la maison du roi, être en prison :
Je vous trouve, monsieur, dam la maison dm reif
Quel charme, quel désordre, ou quelle raillerie
Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie? (State «la Ment., iv 1.)
— être de maison, être d'une bonne famille :
Vous êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté;
Clarice est de motion, et n'est pas sans beauté. {Le Menu, iu, 5.)
A la fin du siècle, l'abus de cette locution la fit ranger parmi les manières de parler affectées :
Gonnoissez-vous leurs biens, leurs emplois, leurs famUles? *■• jossb. Leurs familles? Eh fi! Perdez-vous la raison? Le* voudrois-je souffrir s'ils n'étoieni de maimm? Qui vous fait présumer en moi tant de foiblesse? Famille est bourgeoisie, et maison est noblesse. Je vous les garantis nobles; c'est un grand point.
(BouasAULT, Lu Mou à ta mode, ni.)
MAITRE a, suivi d'un infinitif, qui excelle à :
Vous seriez un grand maître à faire des romans. (Le Ment., î, 5.)
Le P. Petau est un homme docte et en réputation de grand antiquaire, et qui
donne son témoignage après avoir examiné les raisons et connu l'auteur du Ger-
sénisme , l'abbé Caiétan , pour un fourbe et makre à faire des suppositions en
faveur de son ordre. (Lett. au i>. Doulard, 23 avr. 1653.)