MAITRESSE
— le grand maître, pour désigner Dieu :
Qu'il falloit porter ma reconnoissance plus loin et appliquer toute l'ardeur du génie à quelque nouvel essai de ses forces qui n'eût point d'autre but que le service de ce grand muUre et l'utilité du prochain, (/mil., Ép. au pape Alexand. VII.)
— le grand maître, en parlant du souverain :
Madame, en quelque rang que vous ayez pu naître,
C'est beaucoup que d'avoir l'oreille du grand maître. {Oth.f u, 2.)
Le grand mahre a parlé; voudrez-vous l'en dédire,
Vous qu'on voit après lui le premier de l'empire? {lbid., u, 3.)
MAITRESSE, employé dans le style noble :
Si vos Romains ainsi choisissent des malirestes ,
A vos derniers tribuns il faudra des princesses. (Sert.9 u, 2.)
Voltaire trouve que ces vers, qui font partie de la déclaration d'amour la plus fière et la plus héroïque peut-être qu'une princesse ait jamais faite au théâtre, « sentent un peu trop le dialogue de la comédie; » et il avance que « le mot de maîtresse n'a jamais été employé par Racine dans ses bonnes pièces. » Cependant dans la première scène de Mithridate, on lit :
Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses Ont pris soin d'assurer la mort de ses maîtresses.
Dans cette môme tragédie, à la cinquième scène du quatrième acte, Mithridate dit aussi :
J'ai besoin d'un vengeur et non d'une maîtresse*
Dans Bajazet (a. i, s. 3), on trouve :
Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse, Ils daignent quelquefois choisir une maîtresse.
Et dans Britannicus (a. m, se. 4) :
Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse.
Vingt autres exemples pourraient être rapportés pour prouver que ce mot n'a pas été proscrit par Racine.
Corneille n'a pas fait scrupule d'employer plusieurs fois de cette sorte le mot maîtresse; ainsi dans Polyeucte :
M'en croirez-vous, seigneur? ne la revoyez point;
Portez en lieu plus haut l'honneur de vos caresses.
Vous trouverez à Rome assez d'autres maîtresses,
Et dans ce haut degré de puissance et d'honneur,
Les plus grands y tiendront votre amour à bonheur. (a. u, se. 1.)
Dans la première moitié du dix-huitième siècle» le mot mai-