‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 40 sur 743 · ARTICLE SUPPRIMÉ · texte numérisé non relu

ARTICLE SUPPRIMÉ

Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire;

Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire ;

Même soin me regarde... [Ld Cid, m, 4.)

C'est donc à moi de vous faire empereur. Je l'ai pu, les moyens d'abord n'ont fait horreur ; Mais je saurai la vaincre, et me donnant moi-même, Vous assurer ensemble et vie et diadème. [Oth.. iv, 1.)

Vouloir toujours faveur, c'est trop lui demander. [Androm., i, 2.)

Non, madame, et dût-il m'en coûter trône et vie, Vous ne me verrez pas épouser Domitien. (Tit. et Rér., ni. 5.)

Pensez bien à la suite avant que d'achever,

Et si ce sont périls que vous deviez braver. [Agés., v, 4.)

Sa mère eut tant de part à la toute-puissance, Qu'elle fit à l'empire associer Constance, Et si ce même tmpire a quelque attrait pour vous, La fille a même droit en faveur d'un époux. (.4fi., i, 2.)

Parez-en ce beau sein, ce chef-d'œuvre des cieux, Cette honte des lis , cet aimant des courages ; Ce beau sein où nature a mis tant d'avantages, Qu'il dérobe le cœur en surprenant les yeux.

(Sonnet pour M. D. Y. envoyant un galant à M. L. C. 0. L.)

Corneille dit encore : trouver appui, comme trouver de l'appui, ou trouver un appui :

La vertu trouve appui contre la tyrannie. [Nicom., m, ?.)

Voltaire l'en reprend. « Il faut, dit-il : trouve un appui, ou de l'appui; trouve un secours, du secours, et non trouve secours. »

Avec ces rigidités puristes, nulle poésie possible.

Le grand tragique offre un autre vers où la suppression de l'article plus remarquable encore, mais aussi raisonnable, n'en arrache pas moins au minutieux commentateur une exclamation critique :

Il vous assure, et vie, et yloire, et liberté. {Nicom., v, 2,)

« Il vous assure vie! » s'écrie Voltaire, en détachant une partie de la locution.

11 ne fait pas davantage grâce à ce vers précis et énergique :

Sans lui voir en la main piqtus ni javelots. {Sertor., m, 2.)

« Il serait à désirer, dit-il, que Corneille eût tourné autrement ce vers. Voir piques n'est pas français. »

Corneille nous paraît avoir excellemment tourné son vers, et il ne dit pas voir piques. Juger d'une expression en en changeant la disposition, comme fait ici Voltaire, ne serait pas même permis pour la prose.

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