MARCHANDER. — MARTEL
MARCHANDER quelqu'un, traiter du prix de quelqu'un :
Je sais que les Romains, qui l'avoient en otage
L'ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage,
Que ce don à sa mère étoit le prix fatal
Dont leur Flaminius marchandait Annibal. (Nicom., i, 1.)
MARCHER, faire marcher, en parlant d'un ressort qu'on fait
mouvoir :
Avec mon pistolet le cordon s'embarrasse ,
Fait marcher le déclin: le feu prend, le coup part. (Le Ment.% il, 5.)
— faire marcher des vers a la tête de, les placer en tète de :
Ce n'est pas sans raison que je fais marcher ces vert à la tête de l'Œdipe, puisqu'ils sont cause que je vous donne Y Œdipe. (Œd., au lecteur.)
On a dit d'une manière analogue :
La gloire que Y. A. s'est acquise en cette dernière campagne marchera au premier rang des événements les plus illustres de nostre siècle. (Abn. d'Andilly* Lett., cxxiv.)
MARQUE, porter les marques de, avec un nom de chose pour sujet, avoir tous les caractères distinctifs de :
Voyez à quoi, seigneur, on connott les monarques.
Ne m'offrez plus de vœux qui n'en portent les marques. (Attila, i, 1.)
— marque, qualité :
Je découvrois en vous d'assez illustres marques,
Pour vous préférer même aux plus heureux monarques. (Pol. , n, 1.)
Souvent un peu d'amour dans le cœur des monarques
Accompagne assez bien leurs plus illustres marques. {Oth., m, 3.)
MARQUER pour, signaler, relever, regarder comme :
Nous y avons tellement accoutumé nos spectateurs (à la liaison des scènes), qu'ils ne sauroient plus voir une scène détachée sans la marquer pour un défaut. [Trois. Disc.)
MARTEL, l'ancienne forme du mot marteau, employé fig. comme martel en tête, pour signifier tracas, souci :
Qu'ii fasse mieux ce jeune jouvencel, A qui le Cid donne tant de martel, Que d'entasser injure sur injure, Rimer de rage une lourde imposture,
Et se cacher ainsi qu'un criminel. [Rondeau contre Scudéry.)
0! combien de martels, combien de jalousies j'ay donné en Naples! (Fr. d'Am-
boise, Les Neapol., 1, 3.) — J'ai peur qu'il ne m'aie veu parler à Gasler, et en ait
pris quelque martel de quoy vienne son malcontenteraent. {Id„ ibid., u, 3.) —
Quand il luy aura baillé la robbe, le martel cessera. (Lariv., Les Tromp., n, 1.)
Mon Constant m'ouvre la poictrine,
Et un cruel martel me mine. (Id., ibid.t n, 1.)