‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 401 sur 743 · MARCHANDER. — MARTEL · texte numérisé non relu

MARCHANDER. — MARTEL

MARCHANDER quelqu'un, traiter du prix de quelqu'un :

Je sais que les Romains, qui l'avoient en otage

L'ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage,

Que ce don à sa mère étoit le prix fatal

Dont leur Flaminius marchandait Annibal. (Nicom., i, 1.)

MARCHER, faire marcher, en parlant d'un ressort qu'on fait

mouvoir :

Avec mon pistolet le cordon s'embarrasse ,

Fait marcher le déclin: le feu prend, le coup part. (Le Ment.% il, 5.)

— faire marcher des vers a la tête de, les placer en tète de :

Ce n'est pas sans raison que je fais marcher ces vert à la tête de l'Œdipe, puisqu'ils sont cause que je vous donne Y Œdipe. (Œd., au lecteur.)

On a dit d'une manière analogue :

La gloire que Y. A. s'est acquise en cette dernière campagne marchera au premier rang des événements les plus illustres de nostre siècle. (Abn. d'Andilly* Lett., cxxiv.)

MARQUE, porter les marques de, avec un nom de chose pour sujet, avoir tous les caractères distinctifs de :

Voyez à quoi, seigneur, on connott les monarques.

Ne m'offrez plus de vœux qui n'en portent les marques. (Attila, i, 1.)

— marque, qualité :

Je découvrois en vous d'assez illustres marques,

Pour vous préférer même aux plus heureux monarques. (Pol. , n, 1.)

Souvent un peu d'amour dans le cœur des monarques

Accompagne assez bien leurs plus illustres marques. {Oth., m, 3.)

MARQUER pour, signaler, relever, regarder comme :

Nous y avons tellement accoutumé nos spectateurs (à la liaison des scènes), qu'ils ne sauroient plus voir une scène détachée sans la marquer pour un défaut. [Trois. Disc.)

MARTEL, l'ancienne forme du mot marteau, employé fig. comme martel en tête, pour signifier tracas, souci :

Qu'ii fasse mieux ce jeune jouvencel, A qui le Cid donne tant de martel, Que d'entasser injure sur injure, Rimer de rage une lourde imposture,

Et se cacher ainsi qu'un criminel. [Rondeau contre Scudéry.)

0! combien de martels, combien de jalousies j'ay donné en Naples! (Fr. d'Am-

boise, Les Neapol., 1, 3.) — J'ai peur qu'il ne m'aie veu parler à Gasler, et en ait

pris quelque martel de quoy vienne son malcontenteraent. {Id„ ibid., u, 3.) —

Quand il luy aura baillé la robbe, le martel cessera. (Lariv., Les Tromp., n, 1.)

Mon Constant m'ouvre la poictrine,

Et un cruel martel me mine. (Id., ibid.t n, 1.)

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