‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 402 sur 743 · MARTYRE. — MATIERE · texte numérisé non relu

MARTYRE. — MATIERE

Le martel d'amour se pisse en une semaine, mais U disette t'accompagne jisqoes a la mort. Id.. ibi4.. it. 5.'

C'est ce monsieur, c'est ce brouillon

Oui me vent donner l'aiguillon,

Afin de me mettre en maruL Bzlleac, La Betmmrn.. u, 3.1

Mais que ceste non telle trame

Ne m'ourdisse nouveau umnet. (Id, iéérf., m, V

Pour inester le martel, arreste

D'accorder ce soir Antoinette

Avec son clerc... (Id., ibid , it, 3.]

J'ay sonpcon ce prcpos avoir esté advancé par le dict Berna veld autant par art

que par science, affin de commencer me donner martel de l'union desdkts roys.

[Leu. aaiti de Henri IV. 13 ju*n 1603. L vi. p. 106. —En ce martel se passent k*

vendredi, samedi et dimanche. 'Paso., Leu.t m, 4.)

On trouve aussi donner à une personne martel de quelqu'un, pour signifier lui inspirer des soupçons contre quelqu'un :

Les paroles de telles gens, lesquels je pense qu'ils jettent au vent... pourrons picquer et esmouvoir a faire ce qu'ils désirent en vous dormant martel deséu princes. Xém. de YUlerom, t. il, p. 181.)

MARTYRE, mettre ex martyre, 6g., comme faire souffrir U martyre :

hippol. D'où vient que mon abord l'oblige à te quitter? FLoaicE. Tant s'en faut qu'il vous fuie, il vient de me conter...

Toutefois, je ne sais si je vous le dois dire. hipfol. Que tu te plais, Florice. à me meure en martyre! {La Gai. du Pal., m. 3 j

— n'être ûu'en martyre ayec queloc'cx, comme être au martyre :

Arec ces bons esprits je net ois qu'en martyre.

Leur discours m'assassine. [La Vente, i, 5.)

— Autre emploi remarquable :

Pour l'intérêt public rarement on soupire.

Si quelque ennui secret n'y mêle ton martyre. (Puleh., il, 1.) I

MASSE, pour signifier multitude confuse et sans. ordre, nt * masse d'armée : ï

Tous ces mutins ne sont que de simples soldats.

Aucun des chefs ne trempe en leurs vains attentats.

Ainsi ne craignez rien d'une masse d'armée

Où déjà la discorde est peut-être allumée. [Otk.. v,2)

MATIERE, occasion :

Sire, c'est rarement qu'il s'offre une matière

A montrer d'un grand cœur la vertu tout entière. (Jfor., v, i)

«le

MÉCHANCETÉ, employé dans le style nnM*\ »♦( avec une éner-

ie de signification que ce mot n'a plus aujourd'hui :

Et de tant de pays nomme quelque contrée

Dont les méchanceté* le perm e lient l'en lrée« (V<tf , n, l.)

MÉCHANT, adj., dans le sens de faible, vs M&CSJU4T soi^m

Pour un méchant soupir que lu m'as dérobé,

fî« me présume pas tout à fait succombé, (Ut i*L roy t tv, BhJ

méchant, en partant d'une pièce de théâtre* dans le .sens de médiocre :

Je icrus lionne Médét loule .m&frcmte qu'elle est, el lie V0U dirai rien pour sa justification, l if édéc\ A Monsieur P. T. N. 6.J

ASSEZ MÉCHANTE POSTURE, position OSSCZ pitcUSf

FUœinlus y demeure en as±a méchante potturz t voyant réunir toute la fournie et malgré les soins qu'il avoït pris de la diviser, [Exam. tte i\itamm)

Ces significations sont connues, mais les emplois que Cor^ neille en a faits sont assez remarquables.

MÉCONNAISSANCE, action de ne pas reconnaître, au sens propre :

«jtMTR. Ah! dieux, quelle imposture!

Jamais un de ces traits ne partit do ma main, cuims. Nous pourrions demeurer ici jusqu'à demain

Que vous persisteriez dans Lu méconnaissance t

Je les vous laisse. {Mil., îv, 2.)

La dernière édition de l'Académie ne donne à méconnaissance que la signification d'ingratitude; on le trouve cependant employé jusqu'à nos jours dans le sens de ne pas reconnaître, de méconnaître, au sens matériel ou moral :

La ruine des Juifs sera la suite de la mort du Christ et de leur méconnaissance. (Boss., Hist. univ., 2« p., c. ix.) — Ce crime est visiblement leur méconnaissance envers leur Messie, qui Venoit les instruire et les affranchir. (Id. , ibid., c. xxix.) — Quand il s'humiliait devant Edouard IV et le due de Bourgogne, ce n'était point par une méconnaissance de sa grandeur, mais pour obtenir le loisir de poursuivre dans l'intérieur de la France les seigneurs puissants. (Chat., Anal, rai" sonnée de Chist. de France, xi.) Méconnaissance de Dieu. (Lacord., v* Conférence.)

Saint-Réal reprochait comme un néologisme, aux écrivains de Port-Royal, l'emploi du mot méconnaissant.

MÉCONTENTER, se mécontenter de, suivi d'un substantif, être mécontent de :

Voilà quelles raisons ôtent à vos services Ce qu'ils vous semblent mériter,

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