‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 432 sur 743 · OBSTINEMENT. — OBSTINER · texte numérisé non relu

OBSTINEMENT. — OBSTINER

OBSTINÉMENT. Belle association de mots :

Faut- il voir votre esprit obstinément aigri,

Quand ce qu'on fait pour voua doit l'avoir attendri? {Œd., ni, 3.)

Le frère du grand tragique a dit d'une façon très-poétique issi :

J'ai beau la conjurer de montrer son visage,

Ma prière au refus obstinément l'engage. (T. Corn., LesEng.du has., n,2.)

OBSTINER, v. a., suivi de« et d'un substantif, avec un nom s chose pour sujet :

Dis-moi quelle espérance Doit obstiner mon maître à la persévérance. (Le Ment.} îv, 7.)

Que le goût du bien souverain Déracine en mon cœur l'attachement humain, Rt. faisant aux faux biens une immortelle guerre,

M'obstine au généreux dédain

De tout ce qu'on voit sur la terre. (fmtf., m, 98.)

— D'une manière analogue, obstiner en, égaleraient avec un om de chose pour sujet :

Il nous vient peu de fruit de telles jalousies,

Un homme en court plutôt après ses fantaisies,

11 est toujours le même, et tout notre discours,

Par un contraire effet, V obstine en ses amours. [Villas, corn., v, S.)

— obstiner A, suivi d'un infinitif, faire qu'on s'obstine, qu'on 'opiniâtre à , avec un nom de personne ou de chose pour sujet :

Hais ce flatteur espoir qu'il rejette en mon âme

N'est qu'un doux imposteur qu'autorise ma flamme,

Et qui, sans m'assurer ce qu'il semble m'offrir,

Me fait plaire en ma peine, et m'obstine à souffrir. (Jfllf., i, I.)

Doux charme des héros, immortelle Victoire,

Ame de leur vaillance et source de leur gloire,

Vous qu'on fait si volage, et qu'on voit toutefois

Si constante à me suivre, et si ferme en ce choix,

Ne vous offensez pas si j'arrose de larmes

Cette illustre union qu'ont avec vous mes armes,

Et si vos faveurs même obstinent mes soupirs

A pousser vers la paix mes plus ardents désirs. (La Tois, ttor, prol., i.)

Tous sauroient comme lui, pour faire une maîtresse,

Perdre le souvenir des beautés de leur^Groce,

Et tous ainsi que lui permettraient à l'Amour

D'obstiner des héros à grossir votre cour. (fbid., i, 2.)

En vain, par le mépris des vœux de tous nos rois.

J'ai cru faire éclater l'orgueil d'un autre choix;

Le seul pour qui je tâche à le rendre visible,

Page 1