OUBLIER
r de, omettre à pour omettre de. Nous en pourrions ajouter beau- >up d'autres. Cette substitution si fréquente de préposition est irticulièrement remarquable dans certains cas; ainsi on trouve ïfendre à pour défendre de :
Et n'aurons là qui nous deffende à prendre terre. (J. D'arras, Mélus., éd. Bruit, p. 185.)
— s'oublier de, pour oublier, comme on dit se souvenir de, et 1 latin, metniniscor, obliviscor, avec le génitif :
De mon propre néant jamais ne m oublier. (fmtf., in, 21.)
On trouve fréquemment dans les anciens livres de piété des ^pressions comme s'oublier de la mort. On a dit de même, avec ►utes sortes de régimes :
Voilà, dit-elle, comme je chas lie mes sujets qui s oublient de leur devoir en mon idroit. (Pasq., Lett., xvn, 5.)— Que Menander etTérence ont failli en cet endroit,
qu'ils se sont oubliez de la bienséance qu'il faut garder au théâtre. (Fr. Ogirr, -éf. de TyretSid.) — Voilà qui va bien, dit le berger, et garde de t'en oublier. 'Urfb, CAstrée, î, 12.)— Mais que les sciences humaines s'oublient de leur dignité, squ'à n'avoir plus d'usage que dans le commerce , ce n'est pas à moi, chrétiens.
le déplorer dans cette chaire. (Bpss., Panég. de Sie Cather., m.)
Et avec ellipse du pronom personnel :
Qu'il n'y avoit rien qui fist plus tost oublier la femme de son devoir. (Bouchet, ries, vin.)
De même avec un infinitif :
Dont il fut si joyeux, qu'il s'oublia cf avoir sous sa robe en son sein une caille, ■tôt, Vies, Àlcibiade.)— Je m'oubliois de vous dire ce que faisoient ces mesmes ciens, qui, pour empescher l'ébriété, se couronnoient de lierre aux grands banîets. (Bouchet, Séries, î.) — C'est chose que j'affectionne de quoy je m'oubliau vous parler dernièrement. (Leit. miss, de Henri fK, -21 janv. 1602, t. v,'p. 536.) Ceste repartie donnant plainement à cognoistre au filou que Orcandre avoit sjà un pied dans le piège, il ne s* oublia point de poursuivre pour attaindre la i de son dessein. [UEstrange ruse d'un filou, Var. hist. etlitt., t. iv.)
On a dit aussi s'oublier que :
La bravoure l'a emporté sur la prudence, et l'on s'tst oublié que Ton étoit capiine pour faire le métier de soldat. (Fléch., Béflex. sur les différ. earaeu des mmes, ci.)
S'oublier, pour oublier, cessa d'être une locution usuelle dans seconde partie du dix-septième siècle, sans tomber tout à fait i désuétude ; témoin les remarques de Bouhours :
« Plusieurs disent : je me suis oublié de faire cela ; je me suit oublié que j'étois gagé; je me suis oublié de ce que je vous avoù promis; je ne m'oublierai pas de