‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 446 sur 743 · OUI BIEN · texte numérisé non relu

OUI BIEN

vous : c'est très-mal parler. 11 faut dira : j'ai oublié de faire cela; j'ai oublié que j'étais engagé; j'ai oublié ce que jevousavois promis; je ne vous oublierai pas. Ceux qui savent bien la langue parlent de la sorte.» [Rem. nouv. sur la long, franc., p. tS.)

« Les livres sont plains de pareils exemples, et je n'ai trouvé que deux bons auteurs qui parlent d'une autre manière :

c Le Seigneur a juré, et il ne peut s'oublier du serment qu'il a fait à nostre père Abraham, de donner ce puissant médiateur de nostre salut.

Quiconque s'oubliera du respect qu'il doit à ceux dont il a receû la vie, jusqu'à les maltraiter de paroles, sera puni de Dieu. * (lbid.t p. 24.)

— s'oublier soi-même, perdre le souvenir de soi-même :

Absorbé tout en toy par un parfait amour,

Je m'oubliray moy-mesme et fuiray tout le reste. (/mil., ivt 13.)

OUI BIEN, pour oui certes :

phtlis. Si vous nommez ma flamme un bien commun à tous,

Je n'aime, pour le moins, personne plus que vous ;

Cela doit vous suffire.

CLé andre. Oui bien, à des volages

Qui peuvent en un jour adorer eent visages ;

Mais ceux dont un objet possède tous les soins,

Se donnant tout entiers, n'en méritent pas moins. (La PL liom., n, 7.) d. Isabelle. Ainsi donc vous me faites, connoltre

Que ce que je l'ai fait il est digne de l'être,

Que je puis suppléer l'obscurité du sang? o. manriq. Oui bien pour l'élever jusques à notre rang.

Jamais un souverain ne doit compte à personne

Des dignités qu'il fait, et des grandeurs qu'il donne ;

S'il est d'un sort indigne ou l'auteur ou l'appui,

Comme il le fait lui seul, la honte est toute à lui.

Mais disposer d'un sang que j'ai reçu sans tache !

Avant que le souiller il faut qu'on me l'arrache ;

J'en dois compte aux aïeux dont il est hérité,

A toute leur famille, à la postérité. (i>. Sancke, m, i.)

Cette forme était très-fréquente dans l'ancienne langue pour signifier oui certes, à la vérité, et quelquefois pour signifier mais bien :

Ses mœurs semblent à la vérité n'avoir aucun juste reproche : ouy bien i de ses actions particulières, rares et extra-ordinaires. (Montaio., JEtt., n, 36.)— Je sçay qu'il y a plusieurs qui diront que je fais beaucoup de petit» fats contes dont je m'en passerais bien ; ouy bien pour aucuns, mais non pour moy,me contentant de m'en reuouveler la souvenance et en tirer autant de plaisir. (Brant., Les ormuts Cupii. franc., Montluc.) — Cette année passée en diverses menées vint à esclore la guerre du prince de Coodé qui, ayant choisy Aubigné pour son mareachal de camp, luy envoya les despésches; mais luy ne les voulut pas recevoir de sa main, ouy bim des Églises assemblées à Nismes. (D'Aubw., Jfci*., 1610.) — Le troisième fils, nommé Georges African, destiné pour être d'Eglise, ne voulut prendre cette profession, oui bien celle de chevalier de Malte où il fut envoyé, et y fit ses caravaues, voyages et courses. (Bassomp., èfém.t 1™ part.)

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