‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 46 sur 743 · ASSURER · texte numérisé non relu

ASSURER

— s* assurer sur, établir sa confiance, faire fond sur :

Mais ne l'assure point sur ta haute science. (Imit., i, 7. •

• .. Assurei'vou* sur ma fidélité {Rod , i, 7.)

On trouve exactement de même :

Sassure-l-on sur l'alliance

Qu'a faite la nécessité? (La Font., Fub., vin, 22.)

J'entends : il vous ju" roi t une amour éternelle. Ne vous assurez point sur ce cœur inconstant; Car à d'autres qu'à vous il en juroit autant. (Rac., Phèdre, v, 3.)

Néron m'apprend par votre voix Qu'en vain Britannicus s'assure sur mon choix. (Id., Britunn , i, 2.)

11 ne lui parle plus avec cette douce familiarité , avec cette confiance d'un fils unique, qui s'assure sur la bonté de son père. (Boss., 1" Serm. pour le vendredi «uni, i.)— Puis-je m assurer sur moi-même? (Id., Médit, sur fÊvawj , lxxii» jour, li Cène, *• p.)

— assurer, rassurer, tranquilliser :

Voire robe a fait peur, et, sur Nise éprouvée,

En dépit des soupçons, sans péril s'est trouvée ;

Et cette épreuve a su si bien les assurer,

Qu'incontinent Creuse a voulu s'en parer. (Méd , v, 1.)

Et tâchons d'assurer la reine qui te craint. (iVicom., iv, 3.)

« Le mot d'asswrer, dit l'auteur du Commentaire, n'est pas français ici; il faut de rassurer. On assure une vérité; on rassure une âme intimidée. »

Malgré la décision tranchée de Voltaire, assurer, signifiant rassurer, tranquilliser, était d'un emploi général au dix-septième siècle :

0 bonté qui m'assure autant qu'elle m'honore! (Rac, Esilur, u, 7 )

Occupé seulement de l'âpre jalousie,

Rien ne peut l'assurer; de tout il se défie. (La Font., le Florentin, se. i.)

Un tel garant n'assure point mon âme. (Id., VEun., iv, 1.)

Quand vous m'avez exposé les choses, mon silence môme vous assure. ( Boss , Uu.t à la sœur Cornuau, 10 mars 1688.) — Je ne vois point sur quoi un ecclésiastique, qui amasse des biens considérables des revenus de ses bénéfices, ou des rétributions de ses sermons peut assurer sa conscience, puisque les auteurs mêmes qui ont le plus travaillé à favoriser la cupidité des hommes ont été contraints de reconnottre qu'il est en état de péché mortel de retenir pour soi ce qu'au moins, par un droit indispensable de la charité, il étoit obligé de donner aux pauvres. (Arn., Œuv., 1. î, p. 706.)

De même avec le pronom personnel :

Mes nymphes pâles et craintives A peine sassuroient dans le sein de mes eaux.

(Rac, La Nymphe de la Seine à la Reine.)

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