PELADE. — PENCHANT
longue pérégrination, le roy de Navarre lai donna, pour toute gratification, son portrait, au bas duquel il écrivit ce quatrain :
Ce prince est d'étrange nature ;
Je ne sais qui diable Ta fait, *
Il récompense en peinture
Ceux qui le serrent en effet (ÀOR. d'Aubig., Mém., an. 1577.)
Le double sens de ces vers est facile à saisir.
PELADE, s. f. gagner la pelade, dit, par un jeu de mots, pour signifier devenir pelée, râpée, en parlant d'une robe :
Pressé de créanciers avides,
Mes coffres sont tellement vides
Qu'étant au bout de mon latin,
Ma robe a gagné la pelade.
Et ma bourse, encor plus malade,
Se voit bien proche de sa fin. {Poés.div., Mascar. des enfants gâtés.)
PENCHANT, subst., fig., cours, direction :
Seigneur, dans le penchant que prennent les affaires,
Les grands discours ici ne sont pas nécessaires. {AU., i, %9)
— penchant, inclination, penchant vers, inclination pour :
Et si vers toi Pompée a le moindre penchant, Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance, Et la triste Emilie est morte on accouchant. (Sert,, v, 2.)
— dans le penchant de l'âge, comme sur le penchant de tâge :
Le second, je l'avoue, avoit un grand courage,
Bien qu'il parût déjà dans le penchant de Cage. (Œd„ îv, 4.)
— penchant, adj., qui décline, âge penchant :
Rendez-vous comme lui digne de ce dépôt.
Que son âge penchant vous remettra bientôt. (Putch., v. 6.J
On a dit d'une manière analogue, avec un nom de personne, :
Quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge. (Boss., Panéy. *kS. Bernard, i.)
— état penchant, État qui est sur le penchant de sa ruine :
0 mon fils ! 6 ma joie ! 6 l'honneur de nos jours!
Oh ! d'un État penchant l'inespéré secours! [Hor.t îv, 2.)
— mérite penchant, mérite qui décline :
Allez, seigneur, allez où tant d'orgueil aspire,
Honorie a pour dot la moitié de l'empire.
D'un mérite penchant c'est un ferme soutien,
Et cet heureux éclat efface tout le mien. (Au., m, 2.)