‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 472 sur 743 · PELADE. — PENCHANT · texte numérisé non relu

PELADE. — PENCHANT

longue pérégrination, le roy de Navarre lai donna, pour toute gratification, son portrait, au bas duquel il écrivit ce quatrain :

Ce prince est d'étrange nature ;

Je ne sais qui diable Ta fait, *

Il récompense en peinture

Ceux qui le serrent en effet (ÀOR. d'Aubig., Mém., an. 1577.)

Le double sens de ces vers est facile à saisir.

PELADE, s. f. gagner la pelade, dit, par un jeu de mots, pour signifier devenir pelée, râpée, en parlant d'une robe :

Pressé de créanciers avides,

Mes coffres sont tellement vides

Qu'étant au bout de mon latin,

Ma robe a gagné la pelade.

Et ma bourse, encor plus malade,

Se voit bien proche de sa fin. {Poés.div., Mascar. des enfants gâtés.)

PENCHANT, subst., fig., cours, direction :

Seigneur, dans le penchant que prennent les affaires,

Les grands discours ici ne sont pas nécessaires. {AU., i, %9)

— penchant, inclination, penchant vers, inclination pour :

Et si vers toi Pompée a le moindre penchant, Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance, Et la triste Emilie est morte on accouchant. (Sert,, v, 2.)

— dans le penchant de l'âge, comme sur le penchant de tâge :

Le second, je l'avoue, avoit un grand courage,

Bien qu'il parût déjà dans le penchant de Cage. (Œd„ îv, 4.)

— penchant, adj., qui décline, âge penchant :

Rendez-vous comme lui digne de ce dépôt.

Que son âge penchant vous remettra bientôt. (Putch., v. 6.J

On a dit d'une manière analogue, avec un nom de personne, :

Quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge. (Boss., Panéy. *kS. Bernard, i.)

— état penchant, État qui est sur le penchant de sa ruine :

0 mon fils ! 6 ma joie ! 6 l'honneur de nos jours!

Oh ! d'un État penchant l'inespéré secours! [Hor.t îv, 2.)

— mérite penchant, mérite qui décline :

Allez, seigneur, allez où tant d'orgueil aspire,

Honorie a pour dot la moitié de l'empire.

D'un mérite penchant c'est un ferme soutien,

Et cet heureux éclat efface tout le mien. (Au., m, 2.)

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