PENSEE. — PERCER
PENSÉE, pour esprit, le latin mens :
Ce n'est pas sans raison que ma feinte passée
A jeté cette erreur dedans votre pensée* (La Gai. du Pal., v, 4.)
J'aurais d'un si grand coup l'âme bien peu blessée,
Si de pareils discours m'entroient dans la pensée. (L'Illus. corn., v, 5.)
PENSER , v. se penser, comme se croire.
Je ne me pensai* pas si fort dans sa mémoire. (La Veuve, v, S.)
PENSER, subst., dans le sens d'esprit, à' âme :
Un infidèle encor régnant sur mon penser 9
Votre infidélité ne peut que m'offenser. (C/tf., i, 1, 1" éd.)
Caliste, s'il est vray que ton cœur soit sensible Au feu qui me consume, et qui t'est bien visible ; S'il est vray que tes yeux, lorsqu'ils me vont blesser. Ont de la confidence avecques ton penser, Que ma possession te donne un peu de gloire, Que jamais mon object ait flatté ta mémoire, Ainsi que tes regards, ta voix et ion beau teint Ont leur pouriraict ûdelle en mon cœur bien empreint, Considère souvent quel plaisir, quelle peine,
Me fait, comme tu veux, ton amour ou ta hain*. (Thboph., Élégie,
Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine? )
PENTE vers, fig., inclination vers :
C'est ce qui m'a obligé à lui donner une pente vers la personne de Lucrèce au cinquième acte. (Exam. du Ment,)
PERCER, fig. percer l'ame, comme on dit fendre le cœur :
Et vous, madame, Retenez des soupirs dont vous me percez Crime. (Nicom., iv. 1.)
— percer les motifs, les pénétrer :
Ce grand juge des cœurs perce d'un œil sévère
Le» plus secrets motifs de nos intentions. (Imù., i, 15.)
On a dit après Corneille :
Percez jusque dans les motifs des actions les plus éclatantes et des plus grands événements. (Mass., Petit Carême, Passion, m.)
— percer au delà des cieux, fig., s* élever plus haut que les
«ieux :
La foi dont l'humble vol perce au delà des deux, Pour cette vérité trouve seule des yeux.
(OEuvr. div., Louanges de la Vieige.)
— se percer, en parlant du cœur, comme se fendre :
J'en verse, et plût à Dieu qu'à force d'en verser
Ce cœur trop endurci se pût enfin percer. (Po/., îv, 2.)