PIPEUR. — PIQUER
je n'ai point fait de scrupule d'enrichir notre langue du pUiagt que j'ai pu faire chez lui, j'ai tâché pour ie reste à entrer si bien dans sa manière de former ses es et de e'eipliquer, que... (Exam. de Pompée,)
PIPEUR, avec un nom de chose, trompeur :
Que la foi des amants est un gage pipeur!
Que leurs serments sont vains et notre espoir trompeur!
{La PL Jtoy., il, 1.) Les novices de l'art avec tout leur encens, Et leurs mots inconnus qu'ils feignent tout-puissants. Leurs herbes, leurs parfums et leurs cérémonies, Apportent au métier des longueurs infinies. Qui ne sont, après tout, qu'un mystère pipeur
Pour se faire valoir, et pour vous faire peur* (l'Wus. corn,, i, 2.)
It d'une ptutuse espérance se donnent à croire d'en estre capables à leur tour.
(Io«TA)GKB, Est., i,46.)— Le pipeur entretien. (Taiurrau. Poës.% l'amour champ.)
Mais quoi? les beaux yeux des bergères
Se trouveront aussi trompeurs
Que des cours les attraits pipeurs? (D'Urfb, CAstrée, i, 4.)
PIQUE, mettre deux personnes en pique, exciter une pique entre eux :
D'oà rai Tient cette humeur? Qui les a mis en pique ? (Lu Pi. Bou., u, 6.)
PIQUER , fig. piquer de générosité , comme on dit piquer d'honneur :
Je sais trop qu'un tyran est sans reconnaissance.
Pour en avoir conçu la honteuse espérance f*
Et suis trop au-dessus de cette indignité
Pour te vouloir piquer de générosité. {Hérucl., m, 2.)
— être piqué de colère, être vivement animé de colère :
Et ce prince, piqué d'une juste colère,
S'emportera sans doute et bravera son père. {Nieotn., i, 5.)
« Piqué d'une juste colère » n'est pas français, dit Voltaire. On est piqué d'un procédé, et animé de colère. »
Certainement, animé de colère est plus dans l'usage que piqué de colère; mais ce dernier n'en était pas moins poétique et conforme à l'analogie. Etre piqué de, et piquer de se joignaient autrefois, et jusque dans le dix-huitième siècle, à des substantifs nombreux pour signifier exciter vivement dans l'ûme tel ou tel Sentiment. Les exemples suivants en donneront une idée, et pourront servir aux écrivains amis d'une langue nette, expressive et pittoresque :
Piqué d une noble honte et d'une juste indignation contre son courage qui lui a Hnanqué. (Boss., Panég. de saint Pierre, h.) — A celte vue ne vous sentez-vous