‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 485 sur 743 · PIS. — PLAINDRE. U · texte numérisé non relu

PIS. — PLAINDRE. U

PIS. mettre a faire pis le sort, le braver, le défier :

Que les hommes, les dieux, les démons et le sort

Préparent contre nous an général effort.

Je mets à faire pis. en l'état où nous sommes,

Le sort et les démons, et les dieux et les hommes. [H or., u, 3.)

PISTOLE. la pistole en main, comme l'argent en main :

Allons sans perdre temps lui payer ma vengeance,

Et, la pistole en main, presser la diligence. {Mél., u, 3.)

PITEUX, avec un nom de chose, déplorable :

Vit-on jamais une âme en un jour plus atteinte

De joie et de douleur, d'espérance et de crainte.

Asservie en esclave à plus d'événements,

Et le piuux jouet de tant de changements? [Hor., iv, 4.)

Cet adjectif est aujourd'hui familier et d'un emploi très-restreint.

PLACÉ, coeur le mieux placé, cœur le plus noble .

J'aimois quand j'étois jeune, et ne déplaisois guère. Quelquefois de soi- même on cherchoit à me plaire, Je pouvois aspirer au cceur te mieux placé. (Pulch., n, 1.)

PLAIE, 6g., dans le sens de peine d'amour :

De mon frère par là soulage un peu les plaies;

Accorde un faux remède à des douleurs si vraies. (La Pi. Roy., i, 1.)

PLAINDRE, v. a. plaindre quelque chose, exprimer des plaintes, des regrets de la perte, de la privation de quelque chose :

Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler :

J'aime ce qu'il me donne, et je plains ce qu'il m'aie. (Hor., u, 3.)

— plaindre, neutr., comme se plaindre :

Et Cléone et le roi s'y jettent pour l'éteindre :

Mais (ô nouveau sujet de pleurer et de plaindre'.)

Ce feu saisit le roi, ce prince en un moment

Se trouve enveloppé du même embrasement. (Méd., v, 1.)

Corneille dit encore donner a plaindre, pour signifier donner sujet de se plaindre :

Mais votre trop d'amour pour cet infâme époux

Vous donnera bientôt à plaindre comme à nous. (Hor., m. 6.)

On rencontre de nombreux exemples de plaindre empl. neutr. :

Ceulx sont les maulx que vous avez,

Desquelz à moy je vous voy plaindre. (Le Débat de deux demois.)

A quoy me serviroit de crier ny de plaindre?

(Gougen , Corn, des Coméd., la Courtis., i, 1.)

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