PLUTOT
— Il faut encore signaler dans Corneille cet emploi particulier de plus, plus :
Dans une heure au plus tard vous essuierez ses larmes;
Et l'heur de vous revoir lui semblera plus doux,
Plus elle aura pleuré pour un si cher époux. {Pol.t 1, 1.)
Nous ayons dit emploi particulier, pour nous, mais non pas pour le dix-septième siècle; car nous pourrions citer de nombreux exemples comme les suivants :
Devient j>/k« violent, plut il se voit gêné. (T. Corn. , le Cornu dFEssex, n, 1 .) Mon sort est plut cruel, plus je l'ai cru propice. (Qtnif., Astrale, m, 2.)
— tant plus, avec moins pour antécédent :
Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble,
L'autre est de moindre taille, il a le poil plus blond,
Le teint plus coloré, le visage plus rond.
Et je le connois moins, tant plus je le contemple. (Suifs du Ment., i, 4.)
— plus, avec suppression du second plus :
11 eut trop de vertu pour tant d'inquiétude ;
Il ne soupçonna point sa main d'ingratitude,
Et fut contre un tyran d'autant plus animé.
Qu'il en reçut de biens et qu'il s'en vit aimé. (Cinna, m, 9.)
Grammaticalement, il faudrait : qu'il en reçut plus de biens et qu'il s'en vit plus aimé.
— plus, correspondant à d'autant moins, avec inversion :
Un oracle jamais ne se laisse comprendre ;
On l'entend d'autant moins que plus on croit l'entendre. (Bor., m, 1.)
— plus que de, trop. Voir notre article LATINISME.
PLUTOT, séparé par un long intervalle de que :
Us combattront plutôt et l'une et l'autre armée,
Et mourront par les mains qui leur font d'autres lois,
Que pas un d'eux renonce aux honneurs d'un tel choix. {Hor*t m, 2.)
Mais que plutôt le ciel me foudroie à vos yeux,
Que je songe à répandre un sang si précieux. (Perik., v, 9.)
On trouve de même :
Plus tost par un poison je me verray vengée Qu'estre toujours plaignante et jamais soulagée.
(Schelandre, Tut et Sidon, 2* journ., i, 1.)
Non ! meurs plustost, pauvrette, en imputant ta mort
A la malignité des astres et du sort,
Qu'à, ce traistre complot pour guairir condescendre. (Id., ibid.