POUVOIR
Uo seul coup t'assenit Ovide, Anacréon, L'ami de Mécénas, l'amante de Pbaon, Aux charmes de Lesbie assujettit Catulle, Fit célébrer Délie et soupirer Tibulle.
Anima les regrets que Pétrarque a poussés.
(SsifBcé, Satires, Les Travaux d'Apollon.)
POUVOIR, v. je ne puis que je ne., je ne puis m1 empêcher de; et avec un nom de chose, ne pouvoir que ne, ne pouvoir point ne pas...
Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne. {La Suiv., u, 7.)
Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie
Des subtiles raisons de sa poltronnerie. [Ibid., îv, 5.)
Ainsi tout est égal ; s'il me chasse, il la quitte ;
Mais ce peu qu'il m'a dit ne peut qu'il ne m'irrite. {Tue et Ber.t in, 4.)
Mais je ne puis que je n'avoue du moins que la vieille habitude qu'on avoit alors à ne Toir rien de mieux ordonné a été cause qu'on ne s'est pas indigné contre ces défauts. [Premier Dise.) — Le retranchement de cette faveur, à laquelle vous m'avez accoutumé, ne peut qu'il ne me soit sensible au dernier point. (Lefi.)
Cette forme, un peu lourde, a été longtemps d'un très-grand usage :
J'ay receu un tel contentement du sieur de Ramberviller, lieutenant général au baillage de l'évéché de Metz, du livre qu'il a composé et m'a présenté, intitulé Les dévots Élancements du poète chrestien, que je ne puis que je ne vous le tesmoigne par ce mot. [Un. miss, de Henri /V, t. y, p. 219, 1600.) — Je ne puis quelques fois qu'à juste occasion je ne me rie de la plus part de nos modernes Italiens, lesquels se pensent avantager giandement en réputation envers toutes autres contrées, lors que faisans mention des guerres que nous avons eues con- Ir'eux, ils nous appellent barbares. (Paso., Rech., î, 2.;. — On a vu peu de grands hommes déchoir du haut degré de la fortune sans tirer après eux beaucoup de gens; mais la chute de ce colosse n'ayant été suivie d'aucune autre, je ne puis que je ne remarque la différence qu'il y a entre ceux qui possèdent les cœurs des nommes par un procédé obligeant et leur mérite, et ceux qui les contraignent par leur autorité. (Richel., Mém.) — Je ne puis, certes, que je ne l'avertisse en ce lieu que ces remarques peu dignes de lui ne répondent pas à l'opinion de science qu'il s'est acquise parmi les siens. (Boss., Réjut. du Cal. de Ferry.) — 11 ne peut pas qu'il ne soit, lui qui possède la plénitude de l'être, (ld., Traité de la connaiss. de Dieu, iv.) — En vérité je ne puis pas, mes chers auditeurs, que je ne déplore nottre misère et notre foiblesse. (Bourd., Serm. pour le m* dim. de CAv., i.) — Quand je considère la constance et la vigueur avec laquelle ce grand saint (saint Charles) a soutenu la discipline ecclésiastique, et quand je me représente la manière dont il parle, et dont il agit dans les conciles, je ne puis que je n'admire combien ses pensées étoient différentes de celles de quelques-uns. (Arnauld, Dt lafréq. cornm., préf., xxv.) — Il ne peut qu'il n'agisse selon ce qu'il est. (Malebr., Entret. sur la métaph., ix.j — On ne peut qu'on ne soit touché de compassion, quand on fait uu peu de réflexion sur la conduite des hommes. (ChemIn., Serm. sur la crainte des jugem. de Dieu, u.) — Je ne puis que je ne fasse ici réflexion sur nous et sur notre lâcheté. (Fléch , Panég. de S. Thomas de Caniorb., u.)