‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 514 sur 743 · PRÉSENT. — PRESSE · texte numérisé non relu

PRÉSENT. — PRESSE

Il te prescrit à suivre un chemin plus étroit, Et la perfection, que doit ton caractère,

Veut qu'on marche plus droit. [Imit. , nr, 5.)

Le poëte déroge ici, sans raison, & la grammaire et à l'usage. PRÉSENT, faire présent, faire un présent :

Je sais ce qu'est Lucrèce, elle est sage et discrète,

A lui faire prêtent mes efforts seroient vains.

Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime,

Et comme c'est m'aimer que me faire prêtent,

Je suis toujours alors d'un esprit complaisant. LUCRÈce. Il t'a donc fait présent ? Sabine. Voyez.

PRÉSIDER sur :

(Le Ment.,

iv,

{Ibid.)

(Ibid.,

se.

(Théod.

(China j

.iv,

Voyez ce qu'est Valons, voyez ce qu'est Placide, Y oyez sur quels Etats l'un et l'autre préside.

•PRESSANT, vif, poignant :

Sous ce pressant remords il a trop succombé,

Et s'est à mes bontés lui-même dérobé.

Quel sang épargnera ce barbare vainqueur

Qui ne pardonne pas à celui de sa sœur,

Et ne peut excuser cette douleur pressante

Que la mort d'un amant jette au cœur d'une amante. (Hor., v, 2.

Que la fatalité des plus pressants malheurs

Ne m'auroit pu réduire à suivre des voleurs. [Œd., îv, 5.)

A porté dans son cœur un si pressant effroi. (Ibid., v, 2.)

Pressant se trouve de môme employé avec divers substantifs analogues aux précédents :

... pressant désespoir. (T. Corn., Maxim., i, 6.)

Quel remède à des maux si rudes, si pressants,

Que de les soulager par des veux impuissants! (Id., ibid., n, 4.)

Et peut-être jamais de si pressants ennuis

N'avoient autorisé le désordre où je suis. (Id., ibid., ut, 6.)

Je n'ai point de nouvelles de Villars, et c'est là mon plus pressant chagrin à l'heure qu'il est. (Ma> de Courc, Lett., vm.)

PRESSE, grande foule, la presse est grande a qui (un infinitif), pour signifier beaucoup de personnes s'empressent à qui :

De vrai, la presse est grande à qui le fera roi. (D. Sanche, m, 2.)

On a dit d'une manière analogue après Corneille :

£<i presse n'est pas grande à soupirer pour elle, quoiqu'elle soit si propre à faire soupirer. (M-» de Sévigné, Lut., à M- de Grignan, 12 avr. 1680.)

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