‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 527 sur 743 · PUR · texte numérisé non relu

PUR

L'auteur du Commentaire parait croire que punisseur est de la création de Corneille. Les nombreux exemples qui suivent monrent l'erreur de cette opinion, et sont une nouvelle preuve que totre grand tragique n'a guère inventé de mots ni de locutions ; ta gloire est ailleurs.

Fust présent Guillaume Guiart, pugnisseur des malfaicteura de la Chaalellenie le Blois. {Charte de Tan 1382, citée par Charpentier.) Cest énorme forfait me touche tant au cœur, Que je voudroy moy mesme en estre punisseur.

(Lasphrisk, La nouvelle tragi-comique.) En mon temps j'ai toujours veu les Espagnols sévères punisseurs de ceux qui par lascheté et couardise se rendoient ou perdoient. (Montluc, Cornaient.)

Il est un Dieu punisseur des rebelles. (La Satire Ménippée, Sonnet.) Après avoir réclamé deux ou trois fois les dieux, justes punisseurs des infi- Mles. {D'Urfré, rAstrée, 1, 8.)

0 Ciel 1 punisseur des hérésies.

(Cyrano, Leu., Satire contre un ingrat.) n estoit plein de dévotion, de charité, de tempérance, de chasteté et de justice, severe punisseur des méchants, miséricordieux et libéral envers les bons. (Tulsoh db la Colomb., Les Hommes illustres, Jean le Meingre.) — Il fut sage, hardy, généreux, libéral, plein de franchise et de bonté, severe punisseur des traistres, et grand amateur des gens de vertu qu'il recompensoit avec des lar- \ incroyables. (Id., itrid.. Le Cardinal d'Amboise.)

D est curieux de remarquer que Molière s*est emparé de Fexpression employée d'abord, puis rejetée par Corneille :

Et ne veut le montrer qu'en tête d'une armée,

Que tout prêt à lancer le foudre punisseur

Sous qui doit succomber un lâche ravisseur. (Don Garde, î, 2.)

Punisseur s'est dit encore au dix-huitième siècle :

n annonça aux hommes le père des hommes, rémunérateur, punisseur et pardonneur. (Volt., Quest. deZapat., Œuvres, t. xui, p. 339.)

On a essayé en ces derniers temps de remettre en honneur, dans la haute poésie, ce mot nécessaire :

0 vous, dieux punisseurs, dieux du profond empire I

(Ponsard, Lucrèce, v, 3.)

PUR, fig., dans le sens de vrai, placé après le substantif, sans €tre précédé de tout :

C'est un miracle pur que le cours de sa vie. [Don Sauche, îv, 1.)

On trouve aussi très-pur, employé comme tout pur :

On vous a rapporté, dites-vous, que je vais au prêche des calvinistes; c'est une calomnie très-pure. (Dbscartks, Leu., xxxiu, t. u.)

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