QUERELLE. — QUERELLER. M
C'était l'orthographe générale du seizième et du dix-septième siècle :
Alexandre perdit quelques trois cents hommes lorsqu'il défit Porus. (Pbrrot d'àblancoubt.) — Ce comte étoit âgé pour lors de quelques trente ans, et elle de quelques dix-huit. (Prrbfixe, Hisi. de Henri IV, 3* p., 1600.) — Je snis presque toujours seul, excepté le dtner et le souper, et quelques deux heures le soir. (Anxauld, Œuvr., u i, p. 8.)— Ils n'avoient que quelques deux ou trois cents hommes de troupes réglées. (Pellisson, Leu. hist., 30 août 1673.) —La perte des assiégés monta à quelques trois cens hommes. (Racine, Fragm. hist., Le Siège de Namur.) — Il avoit déjà quelques quarante escadrons dans le pays de Cologne. (Id., Ibid.) — Cette action, qui fut fort vive et fort brillante dans toutes ses circonstances, coûta à la brigade du roi douze ou quinze officiers, et quelques cent ou six-vingts soldats, ou tués ou blessés. (Id., ibid.)
Nous croyons que cette orthographe était très-logique, et que lorsqu'on disait il y a quelques huit jours, cela signifiait : il y a quelques jours, qui montent au nombre de huit; etc.
QUERELLE, faire querelle, défier, braver :
Ce fat n'est pas vaillant, Mais il a quelque humeur qui le rend insolent. Peut-être qu'orgueilleux d'être avec celte belle, Il seroit assez vain pour me faire querelle. I VI Uns. corn., n, 2.)
QUERELLER quelqu'un, l'insulter, le défier :
Mais ce n'est pas ici qu'il faut le quereller. \le Ment., n, 4.)
Voltaire fait cette exacte observation :
« Quereller signifie aujourd'hui « reprendre, faire des reproches, réprimander , » U signifiait alors « insulter, défier, et même se battre. »
Corneille dit encore dans le même sens et dans la même pièce:
Mais qu'allez-vous donc faire, et pourquoi lui parler?
Est-ce à dessein d'en rire, ou de le quereller ? (Art. ni, se 3.)