‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 539 sur 743 · QUI · texte numérisé non relu

QUI

Voilà, je pense, tous les chefs, par qui la canaille a taché de rendre odieuse la personne de Son Éminence. (Cyrano, Leu. div., contre les Frond.) Rompt ce fatal sommeil, par qui l'âme charmée Dort en repos sur le bord des enfers. (Racine, Hymne.)

C'est en quoi je trouve la condition d'un gentilhomme malheureuse, de ne pouvoir point s'assurer sur toute la prudence et toute l'honnêteté de sa conduite, d'être asservi par les lois de l'honneur au dérèglement de la conduite d'autrui, et de voir sa vie, son repos et ses biens dépendre de la fantaisie du premier téméraire qui s'avisera de lui faire une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr. (Mol., Don Juan, m, 3.) —Cette idée de l'être infiniment parfait renferme deux attributs absolument nécessaires pour créer le monde, une sagesse qui n'a point de bornes, et une puissance à qui rien n'est capable de résister. (Malebr., De la nature et de la grâce, 1" dise, 1" p.» xu.)

Et au dix-huitième siècle :

Ma tendre amitié pour vous, qui égale la perte que j'ai faite, et que je regarde comme ma plus douce consolation, remet mon esprit dans une assiette assez tranquille pour vous parler de ce petit ouvrage pour qui j'ai tant de sensibilité. (Volt., Leu., à Cideville, 2 oct. 1731.)

On pourrait croire qu'il y a ici qui, parce que ouvrage est comme personnifié; cependant on trouve, chez Voltaire, qui, précédé d'une préposition, se rapportant positivement à un nom de chose :

Ses mains ne chargeaient point les rives désolées

De l'appareil pompeux de ces vains mausolées

Par qui, malgré l'injure e^des temps et du sort,

La vanité des grands triomphe de la mort. (La Benriade, vi.)

Paris est un gouffre où se perdent le repos et le recueillement de l'âme , sans qui la vie n'est qu'un tumulte importun. (Leu., à MB9 de Chambonin, de Paris, 1742.)

On lit encore dans d'autres bons écrivains du jnéme siècle :

Une autre raison qui m'a déterminé à choisir le régne de François U, c'est qu'on y voit la source des malheurs qui inondèrent les régnes suivants, et le germe des passions par qui ils furent produits. (Hénadlt, Franc, If, préf., 1757.) — On désire un appui, on se laisse charmer par l'espéraiice de l'avoir trouvé ; c'est un songe que les circonstances dissipent et sur qui elles font l'effet du réveil. (M** nu Depfand, Uil, à Walpole.)

Au bord de ces prés verts regarde 'ces guérets,

De qui les blés touffus, jaunissantes forêts.

Du joyeux moissonneur attendent la faucille. (A. Chékier, La Liberté.)

— qui, pour ce que, dans une phrase dubitative, le quid des Latins :

M'aimer malgré mon crime, et vouloir par ta mort

Éviter le hasard de quelque indigne effort !

Je ne sais qui je dois admirer davantage,

Ou de ce grand amour, ou de ce grand courage. [L'iltut. corn., v, 3.)

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