‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 540 sur 743 · QUITTE · texte numérisé non relu

QUITTE

— qui, elliptique, équivalant à si quelqu'un, si on :

Qui lui pourroil on peu tirer les vers du nez,

Que nous verrions demain des gens bien étonnés! {La Vtuvt. îv, 5

Qui pourroil toutefois en détourner Lysandre,

Ce seroit le plus sûr. {La Gai. du Pal., iv, 1.)

Qui auroit rayé tous les passages qu'il a employez à parler de soy et de sa famille, son œuvre seroit raccourci d'un quart. (Pasq., Leit., xvm, 1.) — Yoilà la ruine de nostre maison, qui n'y mettroit remède. (Fr. d'Amboisb, Les Napolitaines, u, 5.) — Les peuples ne subsistent que par la force de cette vertu (l'amitié)» et qui l' auroit bannie de la terre, il faudroit raser les villes et renvoyer les hommes dans les déserts : Elle est plus puissante que les loix, et qui l'auroit bien establie dans les royaumes, il ne faudroit plus de tourmensny de supplices pour contenir les méchans en leur devoir. (Sénault, De tUtage de* passknu, 2* p., 1* traité, 3* dise.) — La valeur, qui fait triompher les conquerans, tient toutes ses richesses de la libéralité «les autres vertus, et qui luy auroit osté la grandeur qu'elle tire de la Magnanimité, l'adresse qu'elle prend de la Discrétion, et la modération qu'elle reçoit la Justice, il ne luy resterait plus qu'une vaine ombre de toutes ses véritables grandeurs. (Id., ibid., 5* traité, 1" dise.) — Mais il faut remarquer que le passage d'Hécatée ne regarde que les terres labourables des juifs, et encore les meilleures; car qui prendroit toute l'étendue de la terre d'Israël, il y auroit prés de quatorze fois autant : on ne peut lui donner moins, suivant nos cartes, que la valeur de cinq degrés en carré. (Flkuby, Mœurs du Israélites.) — Yoilà ce qu'il faut aux gens doctes; qui leur égaieroit tout cela par des réflexions, par des traits ou de morale, ou même de plaisanterie, ce seroit un soin dont ils n'auroient pas grande reconnoitfsance. (Fontinsllb, Des Oracle*, préface.)

— qui qu'il soit, quel qu'il soit :#

Enfin, grâces au ciel, ayant su m'en défaire,

Je puis seul aviser à ce que je dois faire,

Qui qu'il soit, il a vu Rosidor attaqué,

Et sait assurément que nous l'avons manqué. (C/ti., u, 8.)

Et le combat fini m'amenez le vainqueur.

Qui qu'il soit, même prix, est acquis à sa peine,

Je le veux, de ma main présenter à Chimène,

Et que, pour récompense, il reçoive sa foi. (Le Cid} iv, 5, édit. 1682)

Le réformateur de notre poésie a dit avant Corneille :

S'il faut méditer sur l'avenir, je crois que j'y vois aussi avant qu'ils sauroient faire, qui qu'ils soient. (Malh., Leu.y à Bouille- M al h.)

L'auteur du Cid avait mis quel qu'il soit dans la première édition de 1637. et dans celles de 4663 et de 1664.

QUITTE, adj. être quitte, au lieu de en être quitte :

Octave aura donc vu ses fureurs assouvies,

Pillé jusqu'aux autels, sacrifié nos vies,

Rempli les champs d'horreur, comblé Rome de morts, '

Et sera quitte après pour l'effet d'un remords ! [Corna, u, 3.)

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