‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 543 sur 743 · QUOI · texte numérisé non relu

QUOI

• de quoi, pour à quoi :

Héla*! de quoi me sert ce dessein salutaire,

Si pour en voir l'effet tout me devient contraire. {Héracl., i, 1.)

De quoy sert une antique race,

De quoy un gouffre qui embrasse

Mille trésors délicieux,

Si ne voulant à aucun plaire,

Presqu'à soy-mesme on veut déplaire,

Haineusement ambicieux? (Tahureau, Poés., à C. Degennes.)

• oe quoi, pour comment :

De quoi peut satisfaire un cœur si généreux,

Le sang abject et vil de ces deux malheureux? (Pomp., iv, 2.)

a écrivain du dix-huitième siècle a dit : « De quoi peut satis- > n'est pas français , il fallait comment, ou en quoi. » îtique dans l'esprit de celles de Voltaire ; juste au point de du dix-huitième siècle, mais fausse en tant qu'elle accuse îeille d'incorrection. En effet, pour ne citer qu'un exemple, rouve :

Mais de quoy me peut nuire cela? (Lariv., iv, 10.)

• comme quoi, combien :

Ciel ! qui sait comme quoi j'en suis persécuté.

Un peu plus de repos avec moins de beauté! (V II lus. Corn., il, 5.)

Jugez après cela comme quoi je vous aime. (Ibié., iv, 3.)

• quoi, avec un régime indirect, dans le sens de quelque :

Et, quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,

Je ne consulte point pour suivre mon devoir. (Le Cid, m, 3.)

Quoi qu'on ait pour soi-même, ou d'amour, ou d'estime.

Ne s'en croire pas trop n'est pas faire un grand crime. (Tùeei Bér., î, 2.)

Quoi que sur mes destins ils usurpent d'empire,

Je ne vois pas leur maître en état d'y souscrire. (Ibid., iv, 1.)

Quoi qu'il excite de tempête, Quelques lâches soucis qui puissent l'occuper, Tout ce qu'il fait et dit reviendra sur sa tète. {Irnit., m, 24.)

Académie, dans son jugement sur le Cid, a condamné cette te très-rare :

c Quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir.

ette façon de parler n'est pas française ; il falloit dire : quelque pouvoir que mour ait sur moi. »

est un pur latinisme : quidquid potestatis. Thomas Corneille ; comme son illustre frère :

Sévère a des vertus dignes de sa naissance ; Mais mon cœur est jaloux de son indépendance;

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