RAISONNABLE
— c'est bien la raison que, il est bien raisonnable , il est bien juste que :
Et c'est bien la raison que pour tant de puissance
Nous vous rendions du moins an peu d'obéissance. (Rod., u, 3.
« C'est bien la raison est du style de la comédie, » observe Voltaire.
On a dit comme Corneille, dans le style sérieux :
Cest la raison qu'un Dieu,
Un autre Dieu guarisse. (Bons., Od., v, 6.}
Filles, dit-il, ce n'est pas la raison
Que Tune seule ait si belle maison. (Id., Les Amours, i, lxix.)
Et aussi dans le style tragique :
... Cest bien la raison que vous serviez de mère A ceux dont votre époux étoit jadis le père.
(Cyrano, La Mort (tAgrippwe. nr, 3.)
Toutefois c'est à tort que ma douleur conteste, Pour sauver de ma vie un misérable reste. Ce n'est pas la raison qu'en prolongeant «on cours, D'un légitime espoir je frustre vos beaux jours.
(Gombauld, Les Danaides, u, 2.)
Néanmoins, il est certain que cette locution se rencontre plus ordinairement dans le genre familier :
buoène. Vous voulez du content,
Je l'entens bien.
Matthieu. C'est la raison. (Jodbllb, Eugène, v, 3.)
Et c'est bien la raison qu'à jamais je soupire
D'avoir trop soupiré sous l'amoureux empire. (Yéronh., Vlmpuiss., y%%)
On dit encore dans le style familier, c'est bien raison :
C'est bien raison que la divine Emilie l'emporte sur ces faquins qui... (Volt., Lctt., à Cideville, 6 mai 1735.)
RAISONNABLE, employé subst. agir en raisonnable, agir comme une personne raisonnable :
Vous le savez, madame, et que les grandes âmes Ne s'abaissent jamais aux foiblesses des femmes, Ne s'aveuglent jamais ainsi hors de saison, Que leur désespoir môme agit avec raison, Et que...
rodblindk. C'en est assez, sois-moi juge équitable,
Et dis-moi si le mien agit en raisonnable, Si je parle en aveugle, ou si j'ai de bons yeux. {Penh., m, 3.)