RELACHER DE I
J'ai honte que mon cœur auprès d'elle attaché
De son ardeur pour vous ait souvent relâché,
Ait souvent pour le sien quitté votre service. (C/if., v, 1.)
Prenez garde en la poursuite du procès de ne point relascher de la pure et entière charité du prochain. (S. Franc, de Sales, Nouv. leit. inéd., à M" de Chantai, 21 nov. 1604.)— L'hiver continuoit et ne reldchoit point de sa rigueur. (Marsolikb, Vie de S. Franc, de Saks, m.)
Relâcher s'employait encore neutralement avec d, suivi d'un substantif :
Lors que j'estois aux termes de relascher à leur fureur, et que la patience de Vostre Majesté et des juges leur donnoit et le temps et le conseil de se modérer. (Thkopb., Apol. au roy.)
RELEVER, neutr., pour se relever :
Au sortir de Pharsale un si grand capitaine
Sauroit mal son métier, s'il laissoit prendre haleine,
Et s'il donnoit loisir à des cœurs si hardis
De relever du coup dont ils sont abattus. (Pomp., u, 4.)
Voltaire et d'autres ont vu là un solécisme ; cependant Corneille est toujours dans la tradition de la langue, comme le prouvent les exemples suivants :
Je vous ayderay à relever. {Farce du Franc archier.)
• Comment voulez-vous relever
Sans pantoufles neufves avoir ? {Sermon des maulx de mariage.)
Priez Dieu pour moi ; car je crois que je ne relèverai pas d'ici. (M** de La Guette, Mèm.y éd. Jann., p. 43.)
Ces derniers exemples rentrent dans une acception neutre encore en usage aujourd'hui. Voir notre article ÉVADER.
— RELEVER, act., fig. RELEVER LA CHUTE DE QUELQU'UN, le relever de sa chute, la réparer :
Oui, Pompée avec lui porte le sort du monde,
Et veut que notre Egypte, en miracles féconde,
Serve à sa liberté de sépulcre ou d'appui,
Et relève sa chute ou trébuche sous lui. (Poiwp., i, 1.)