‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 573 sur 743 · RELACHER · texte numérisé non relu

RELACHER

Relâche la ferveur à quelque vaine gloire,

Qui s'assure de vaincre est aisément vaincu. (Imit., 1, 25.)

On doit remarquer dans cette phrase s'assurer dey pour être assuré de. Nous avons cru inutile d'en faire un article à part.

On a employé relâcher à tout comme Corneille :

Le bonheur qui m'attend a pour moi trop de charmes

Pour relâcher mon cœur à d'indignes alarmes. (T. Corn., Timocr., y, 5.)

Et d'une manière analogue, avec à, suivi d'un infinitif:

Ne crois pas que jamais l'orgueil du diadème

Relâche une princesse à confesser qu'elle aime. (Id., Stilicon, u, 2.)

On trouve aussi relâcher d, suivi d'un substantif, avec un nom de personne pour sujet :

Que dis-tu de me voir tomber si promptement

De toute la chaleur de mon ressentiment,

Et, malgré tant d'éclat, relâcher mon courage

Au pardon trop honteux d'un si cruel outrage? (Mol., D. Garde, ni, 1.

' On disait aussi se relâcher à, suivi d'un substantif, pour signifier se laisser aller par relâchement à :

Se relascher à quelque passion désordonnée. ( S. Franc, de Sales, Cotumui. pour les relig. de la Vieil., xlix.) — La moindre bonté à quoi elle se relâche rengage plus un amant que cent refus ne le rebutent. (Bussy, Hist. amourette de* Gaule*.)— Il y a des gens de bien qui, examinant la vie de saint Thomas de Cantorbie, sont portés à croire qu'il auroit pu, sans violer les lois de l'Église, se relâcher à beaucoup de choses que le roi Henri II désiroit de lui. (Nicole, Cortàn. des Ess., t. m, 8* tr., c. v.) — Nous fîmes bientôt société, nous nous disions nos sentimens sur les malades de Bourbon, et sans nous emporter à médire, mous nous relâchions à d'innocentes railleries. (Maa dk Villbdibu, Vie de Henr.-Sylvk de Molière, 4* p.)

De même avec à, suivi d'un infinitif :

Ah ! s'il est vrai qu'elle songe à sa gloire, Pour garantir son nom d'une tache trop noire, U est d'autres moyens où l'équité consent, Que de se relâcher à perdre un innocent. (T. Corn., Comte dEssex, îv, 1.)

Et avec ellipse du pronom personnel :

Et ce qu'il leur prescrit d'user de prudence, sachez et entendez, 6 pécheurs! que ce n'est pas pour les faire relâcher à cette condescendance molle et languissante que votre coeur insensible et impénitent exige d'eux. (Bossv Serm. pour U mardi de la Passion, n.)

— relâcher, neutre :

Ainsi n'espérez pas que jamais il relâche,

Que jamais il renonce à ce choix qui vous fâche. {Au., iv, 1.)

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