‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 587 sur 743 · RESPECT. — RESPIRER · texte numérisé non relu

RESPECT. — RESPIRER

RESPECT. GARDER PLUS DE RESPECT A QUELQUE CHOSE, pour

dire le respecter davantage :

Gardons plus de respect aux droits de la nature.

Et n'imputons qu'au sort notre triste aventure. {Rodog., n, 4

— respect, considération, motif, pour ton respect', par considération pour toi :

Mon feu qui t'offensoit est demeuré couvert, Et si cette beauté malgré moi l'a fait naître, J'ai su, pour ton respect, l'empêcher de paroître. (La Veuve, m, 1.)

Signification autrefois et pendant longtemps d'un usage trèsfréquent et très-varié, et dont il ne reste plus guère de trace que dans la locution respect humain :

Je ne le feray jamais, tant pour beaucoup de bons respects que pour la révérence que je doy à vostre vieil aage. (Labivet, Le Laquais, v, 4.) — C'est le lieu le plus selon votre humeur que j'aie jamais vu. Pour ce seul respect, sms-je après à l'échanger. (Lett. miss, de Henri JV, t. n, p. 224.;— M'y sentant obligé par toutes sortes de respects et de considérations. ( Richelieu, Lett. à la reine d'Angles) — Ces sortes de gens sont très-fâcheux parce que , dans les grands partis, ils font une multitude d'hommes auxquels pour mille respects, l'on ne se peut ouvrir de ce que Ton peut ou de ce que l'on ne peut. (Retz, Mém., 1. iv, année 1652.) Et l'intérêt d'un frère est un respect trop fort Pour n'oser voir en vous que l'auteur de sa mort.

(T. Corn., Les Illustres ennemis, ivt 2.)

La peur de se déshonorer, de passer pour intéressé, pour léger, de se rendre odieux à sa famille en changeant de religion %: tous ces respects si vains et si communs, dont on se faisoit des prétextes pour s'obstiner dans l'erreur, s'évanouirent à la conversion de Turenne. (La Rue, Eloge de Boss., ni.) — Si je dois rougir, ce n'est point des railleries du monde, ce n'est point des juge mens et des rebuts du monde ; mais c'est de ma lâcheté, c'est de mon infidélité, c'est de mon ingratitude, quand un aussi vain respect que celui du monde me fait oublier tous les droit* et tous les intérêts du Dieu que j'adore. (Bourd., Serm. sur U\ flagelL de J.-C, 1.)

RESPIRER le jour :

Albe, où j'ai commencé de respirer le jour,

Albe, mon cher pays et mon premier amour,

Lorsqu'enlre nous et toi je vois la guerre ouverte,

Je crains notre victoire autant que notre perte. (Uor., î, 1.;

Je t'ai préféré même à ceux dont les parents

Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs,

A ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire,

Et qui m'ont conservé le jour que je respire. (Cin.t v, 1.)

Il a bien su de lui que ce fils conservé

Respire encor le jour dans un rang élevé. (ÛEcf., ni, *•)

Thomas Corneille a dit comme son frère :

Viens, heureux protecteur du trône et de l'Ëpire,

C'est à toi que je dois le jour que je respire. [Pyrrk., v, 4 }

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