AVANCÉ DANS LA VIEILLESSE
Comme il ctoit déjà assez avancé dans ta vieillesse, il accepta la condition aisément. [Pulch., Au Lect.)
AVANT. ENGAGER QUELQU'UN PLUS AVANT POUR UN AUTRE, le
faire entrer davantage dans les intérêts d'un autre :
Quoi! tu n'as su pour moi plus, a va m l'ewjager? (Penh., u, 4.)
— s'expliquer plus avant, pousser plus loin les explications :
[ Et l'ai revu souvent
Sans nous être tous deux expliqués plus avant. [Œd., iv, 4.
— donner fort avant dans la vue, modification originale de la locution vulgaire donner dans la vue, pour signifier plaire :
Il vous auroit donné fort avaut dans la vue. ( Suite du Ment., iv, 1. )
— avant que, pour avant que de :
Votre amour me ravit, je veux le couronner,
Mais souffrez qu'il se donne avant que vous donner. (Suite du Ment., iv, 2.)
Avant qu'offrir des vœux je reçois des refus. {Polyeucte, iv, 6.)
Et toutes nous tremblons devant une infortune
Qui toutes nous menace, avant qu'eu frapper une. [Androm , i, 1.)
Avant qu'en décider pensez-y bien, madame. (Oth., ni, 5.)
Mais avant que juger ma conquête assez haute.
De l'œil dont il faut voir ce que vous vous devez,
Voyez ce qu'elle donne, ou plutôt ce qu'elle ôte. {Agés., v, 4.)
Mais je vous tiens si sage et si experte,
Que vous voulez, sans personne blasmer,
Pour le plus seur, congnoisire avant qu'à} mer. (R. de Coll., Epist.f vu.) Songez-y trois fois avant que donner la charge de défendre une place. (Montl., Comment. y\ n ) — Couvre bien le feu, aflin qu'à mon retour je me puisse chauffer d'avant que me mettre au lict. (Lariv. , U 3lor/.t i, 5.) — Je vous prie, avant que partir, nous faire entendre par un petit bruit d'allégresse que noslre labeur vous est agréable. (Id , iOid., v, 9.) — Le roy fut en une plus grande agitation d'esprit tout le reste du jour avant que se résoudre. (P. Math.)
Mais tousjours dessus luy j'eus la voue attachée
Pour voir s'il me verroit avant qa'estre cachée. (Racan, lier y., î, 3.)
Mais avant que partir, je me ferai justice. (Rac, Mithr., ni, 1.)
Plusieurs avoient distribué aux pauvres leur patrimoine avant qu'être élevés
am ordres. (Flelry, ilœun» des chrét. , xxxil.) — On se contenta qu'avant partir
\ ■ 1 de Lorraine allât chez M. le duc de Chartres. \St.-Sim., Mém., t. n, c. 24.)
— avant que, avec ellipse :
(Si je te nuis ici, c'est avec grand regret, Mais on aura mon cœur avant que ce portrait. (Suite du Ment., m, 3.)
Différez à punir une offense incertaine,
Et servez ma colère avant que votre haine. (Attila, îv, 4.)
AVANTAGÉ du nombre , ayant l'avantage du nombre :
Ce sont tes trahisons qui l'empêchent de vivre;
Je t'ai vu dans ce bois moi-même Le poursuivre ,
Avantagé du nombre, et vêtu de façon
Que ce rustique habit effaçoit tout soupçon. (C/tt., m, 5.)
AVANTAGEUX, favorable, avantageuse erreur :
Et vous, que par mon ordre ici j'ai retenu,
Sanche, puisqu'à ce nom vous êtes reconnu,
Miraculeux héros, dont la gloire refuse
L'avantageuse erreur d'un peuple qui s'abuse,
Parmi les déplaisirs que vous en recevez,
Puis-je vous consoler d'un sort que vous bravez? (0. Sanche, v, 5.)
AVEC, séparé de son régime :
Mais, hélas! j'étois jeune, et ce temps est passé.
Le souvenir en lue, et l'on ne l'envisage
Qu'avec, s'il le faut dire, une espèce de rage. {Pulch., h, 1.)
AVENIR, arriver :
En l'état où je suis, quoi qu'il puisse avenir,
Je vous dois tout promettre, et ne puis rien tenir. [Théod., uit 5.)
AVENU, participe passé de avenir, arrivé :
Trop heureux accident, s'il avoit prévenu
Le déplorable coup du malheur avenu, {Mêl.t v, 8.)
AVERSION, avoir de l'aversion contre quelque chose :
Je vous rends grâces de ce que vous m'avez envoyé de la façon du R. P. Fronteau ; c'est un grand homme en tout, et ce n'est pas avoir peu fait d'effet sur moi que de m'a voir obligé à lire son oraison funèbre tout entière, moi qui ai une aversion naturelle contre les panégyriques. (Leu. au P. Boulant, 10 juin 1656.)
AVEU, sans aveu, sans autorisation :
Et quoique par vous-même autrefois exilée,
Sans ordre et sans aveu je me suis rappelée. [TUe ci Bér., n, 5.)
AVIS, porter avis, comme : porter conseil:
Il sera demain jour, et la nuit porte avis. (La Suiv., m, 6.)
AVISER a (un subst.), songer à :
Tu vas apprendre tout, mais aussi l'ayant su,
Avise à ta retraite. (Cfil., i, 9.)
AVOIR , renfermer, apporter :
Oronte, je ne sais dans son funeste sort, Qui m'afflige le plus, ou sa vie, ou sa mo L'une et l'autre a pour moi des malheurs sans exemple. {Rodog.
Qui m'afflige le plus, ou sa vie, ou sa mort, /
AVOIR. — AVOUER. 8f
— avoir, suivi d'un adjectif, formant latinisme :
La haine que pour vous elle a si naturelle,
A mon occasion encore se renouvelle. {Nicom., i, 1.)
Le duc de Savoie commença à munir de garnisons toutes les places qu'il avoit voisines des troupes françoises. (Richbl., Mém., xx.) — Le pauvre, quelque effort qu'il fasse, ne peut jamais se faire entendre, et se voit malheureusement distingué d'avec le puissant dans un intérêt qu'ils ont commun. (Boss. , iv* Serm. pour le jeudi des Ram., i.) — Ce serait une espèce de tyrannie, d'avoir ainsi dépouillé les pauvres de cette possession , qu'ils avaient commune avec le reste des hommes. (Flbch. , Serm. sur toblig. de Caum. , i.) — Je voudrois qu'on ne fit pas son capital d'une chose que le dernier de tous les hommes peut avoir commune avec un grand héros. (MM de Villkd. , Alcidam., 1" p., 1. m.) — On dit que ce seigneur parut bientôt consolé de cette préférence , sur ce qu'il n'estimait pas en celte occasion une marque d'honneur, estimable d'ailleurs, qu'il aurait eue commune avec son domestique. (P. Lag., Fragm. sur la vie de AfM la marq. de Maint.)
De même, suivi d'un participe passé :
11 y avoit un jardin dans le palais, réservé pour la promenade de la reine et de sa fille, dont aucun homme n avoit l'entrée permise. (MB< de Yillbd. , Ann. gai., yi.) — Tu ne plains pas cette âme , qui , par une brutale stupidité, a toutes ses fonctions interdites! ( Boss., Prem. Serm. pour le deux. dim. de l'Av., i. } — Leur chute leur ouvre les yeux, qu'ils avoieta aveuglés par leur amour- propre. Id., Panég. de S. Pierre, n.) — Les succès de ce prince nvoitnt leurs bornes marque** par les prophéties. (Id., Hist. univ., 2* p., c. xiv.) — Il y a grande apparence que Molière avait au moins les canevas de ces premières pièces déjà préparés, puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. (Volt. , Vie de Mol.)
AVORTON, fîg., en parlant d'une chose morale :
Vaine compassion des douleurs d'Angélique,
Qui pense triompher d'un cœur mélancolique !
Téméraire avorton d'un impuissant remords,
Va, ta porter ailleurs tes débiles efforts. [La PI. Roy , îv, 5.)
AVORTER, fig. :
N'eureut-ils pas besoin d'un éclat de tonnerre, Ses ministres ailés pour me jeter par terre? En voyant mes efforts avorter sans effets,
Quels pleurs n'ai-je versés, et quels vœux n'ai-je faits? {Androm , tv, 3.) Ce qui l'a fait avorter au théâtre, a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. (Exam. de Perth.)
AVOUER quelqu'un d'une chose, dans le sens de la reconnaître comme légitime :
Ou Sparte C avouera d un peu de violence.
Après tant d'ennemis à ses pieds abattus. [Ayés.% îv, -2.)
— Dans un sens analogue, et avec une énergique concision :
Appuyez donc la France et laissez tomber Rome.
Aux grands ordres du ciel prêtez ceux d'un grand homme.
D'un si bel avenir uvoutz vos devins ,
Avancez les succès et hâtez les destins. [Attila, i, 2.)