SAISON
Si votre àme avec elle étoit assez d'accord
Pour se vouloir saisir de ce qu'elle vous quitte. {Agés., i, 3.)
Vous vous saisisses par vos mains
De plus que votre récompense. [fbid., m, 1.)
SE saisir, pour être saisi :
Ne t'étonne donc point de cette jalousie,
Dont à ce froid abord mon âme s'est saisie. {Soph., H, 2.)
i a dit d'une manière analogue :
Mon âme à ce rapport de douleur s'est saisie.
(Th. Corn., Les Engagements du hasard, v, 2.) Le beau vous touche, «et ne seriez d'humeur A vous saisir pour une baliverne.
(Racine, Épigr., sur la Judith de Boyer. i
l dernière édition de Y Académie dit que se saisir s'emploie ; le sens d'être frappé subitement, d'être touché de plaisir, itré de douleur, mais qu'il vieillit.
USON. il n'est saison que de, suivi d'un infinitif, la cirtance ne permet que de :
Seigneur, il n'est saison que de verser des larmes. {GEd.f m, 9.)
Corneille dit aussi, il est saison de, pour il est temps de :
Adieu, je prendrai soin demain de voire affaire,
Il est saison pour vous de voir votre lingére. {Suite du Ment., iv, 7.)
stte locution est moins particulière que la précédente. il n'est pas saison de, il n'est pas temps de :
Quittez ces contre -temps de froide raillerie, tut. Il rien est pas saison quand il faut qu'on vous prie. (D. Sanche, i, 4.)
en est-il saison? en est-il temps?
Si vous m'aviez parlé comme vous me parlez,
Vous auriez obtenu le bien que vous voulez.
Mais en esi-il saison au jour d'une conquête
Qui doit faire tomber mon trône, ou votre tète ? (La Tois* (for, m, J .)
saison, avec le pluriel, pour circonstances :
Et qui veut être juste en de telles saisons
Balance le pouvoir et non pas les raisons. {Pomp.% i, l.j
% de telles saisons a été critiqué comme une expression lâche cieuse.
rneille a dit encore dans un sens analogue, avec le singulier : Vous n'y pouviez venir en meilleure saison. (M éd., i, 1.)