‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 606 sur 743 · SEC. — SECONDER · texte numérisé non relu

SEC. — SECONDER

SEC. prononciation sèche , par opposition à prononciation mouillée :

La double 1/, dont je viens de parler à l'occasion de Ve, a aussi deux prononciations en notre langue : l'une, sèche et simple, qui fait l'orthographe ; l'autre, molle, qui semble y joindre un h. (Préf. de: Le Théâtre de P. Corn., éd. de 1682.)

SECOND, s., celui qui soutient un autre dans un combat, employé avec le plur., au figuré comme au propre :

Vous vous défaites bien de quelques droits d'aînesse.

Mais vous défaites-vous du cœur -de la princesse,

De toutes les vertus qui vous en font aimer,

Des hautes qualités qui savent tout charmer,

De trois sceptres conquis, du gain de six. batailles,

Des glorieux assauts de plus de cent murailles?

Avec de tels seconds rien n'est pour vous douteux. {Nicom., m, 6.)

Du moins puis-je assurer que dans tous mes combats

Je n'ai jamais souffert de seconds que mon bras. ((Ed., iv, 5.)

Fort de tant de seconds, ose, et sers mon courroux,

Contre l'indigne sang de mon perfide époux. {Ândrom., iv, 5.)

SECONDER, suivre :

Je ne vanterai point les exploits de mon bras ;

Votre Majesté, sire, a vu mes trois combats :

U est bien malaisé qu'un pareil les seconde,

Qu'une autre occasion à celle-ci réponde. {Uor., v, 2.)

Le sens de suivre, accompagner, venir après, plus voisin de l'étymologie que l'acception usuelle, se trouve assez souvent, avec diverses nuances, après comme avant Corneille :

Vous pouvez juger par ce riche eschantillon quel estait le demeurant de la pièce. Bien vous dirai-je qu'il m'en recita par cour une vingtaine d'autres, qui secondaient cestuy de bien près. (Pasq., Rech., vu, 6.) — La plus belle de toutes estoit criée la première , et elle ayant esté achetée a bien haut pris, on crioit celle qui la secondoit en beauté, et puis ainsi les autres consécutivement. (H. Es- TiKNNB, Âpol. pour Hérod., Disc, prél.) — La corruption estoit desjà si grande qu'il (Ovide) pense qu'il fust eschappé à meilleur marché s'il eust esté né ou devant ou après le cinquième siècle : comme jugeant que tant s'en falloit qu'il en peost venir un pire, que mesme il n'estoit possible qu'il en veint un autre qui le secondait eu meschanceté. (Id., ibid.t c. îv.)

Je te prie, comment se porte

MaMadelon?

habion. Le mieux du monde.

jossb. Je l'aime tant!

habion. Eli' vous seconde. (Gbbvin, Les Estants, î, 2.)

Fille n'est en ce monde Qui en honneur la passe ou la seconde. (Passbbat, Hymne de la nuit.) Cent discours obligeants secondent cet hommage. Que d'esprit! on ne peut en montrer davantage.

(T. Corn., César d* Avala*, i, 1.}

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