‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 607 sur 743 · SECOURS. — SECRETAIRE · texte numérisé non relu

SECOURS. — SECRETAIRE

— seconder, absolument, répliquer sur le même ton :

Il m'aborde en tremblant avec ce compliment : - — Vous m'attirez à vous ainsi que fait l'aimant. (Il pensoit m 'avoir dit le meilleur mol du monde.) Entendant ce haut style, aussitôt je seconde Et réponds brusquement sans beaucoup m'émouvoir : — Yous êtes donc de fer, à ce que je puis voir. (La Veuve, i, 4.)

SECOURS, appeler quelque ghose au secours , l'appeler à son secours :

Appelez la mémoire, ou l'esprit au secourt. (Le Ment., vt 3)

SECRET, ressort, employé fig. pour signifier expédient, moyen:

Le secret a joué. (Le Meni., iv, 0.)

C'est-à-dire le moyen a réussi.

SECRÉTAIRE, celui à qui l'on confie ses secrets, confident, comme l'italien secretario :

Tu seras de mon cœur Tunique secrétaire.

Et de tous mes secrets le grand dépositaire. (Le Ment., n, 6.)

Ce sens si naturel se rencontre très-Fréquemment à partir du quatorzième siècle jusqu'à la seconde moitié du dix-septième :

En telle manière que vous dictes que je suis vostre secrétaire, dis-je que vou estes la mienne dessus toutes autres. Et pour ce vous diray-je comment il m'es est. (Rom. de Perceforest, vol. vi, f° 85, r°, col. 1.) — Racomptex tout ce qae advenu vous est, depuis que partistes de nous jusques à maintenant, par devaot la reyne, qui cy est; car c'est nostre secrétaire. (Ibid., vol. n, f» 92, r», col. 2.) — Son chapelain (du comte de Foix) qui luy estoit moult secrétaire. (Froissait, Cron., liv. îv.) — ....Avoit ceste damoiselle une chamberiere qui estoit secreuàn de leur fait. (Les Cent Nouv. du roy Louis XI, 56* Nouv.) Sainte Gastine, 6 douce secrétaire

De mes ennuis! (Ronsaiu, Amours, i, 161.)

Vous ruisseaux, vous rochers, vous antres solitaires, Soyez de mon malheur fldelles secrétaires. (Id„ Son*., lxxvi.)

Complices de ma servitude, Pensers, où mon inquiétude Trouve son repos désiré, Mes fidèles amis, et mes vrais secrétaires, Ne m'abandonnez point en ces lieux solitaires; C'est pour l'amour de vous que j'y suis retiré.

(Malh., Stanc, Plainte sur une absence, Pois., 1. v.)

Parlant des devins :

Vous, qui des puissans Dieux êtes les secrétaires,

Si jamais vos conseils me furent salutaires,

Ouvrez-moi votre cœur en cette extrémité. (Gombauld, Les Dana!desti,i.)

Voir encore Du Bellay, Regrets , sonnet i ; Passerai, Jardin (f amour; Gombauld, Amarante, v, 1 ; Ménage, Idylle du Jardinier.

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