‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 62 sur 743 · BAISSER. — BALANCER · texte numérisé non relu

BAISSER. — BALANCER

Ils lisent les premiers les lettres qu'on lai baille. (Racan, Berg., u.>

Nous croyons inutile de multiplier ces exemples.

Segrais nous fait connaître à quelle occasion le mot bailler

cessa d'être employé dans le monde élégant :

* Un Gascon demanda an joar dans une compagnie :Qni est-ce qui baille le bal? au lieu de dire : Qui est-ce qui donne le bal? Depuis ce temps-là l'on a banni le mot de bailler, qui avait plus de ciûÇ cents ans de bourgeoisie.» [Segraisiana, Paris» 1721, p. 75.)

— bailler a quelqu'un a ramener, confier à quelqu'un pour «fu'il ramène :

Cela lui fait reconnaître Pymanthe pour l'auteur de ces perfidies; et l'ayant Imllé a ses veneurs à ramener, il pique à toute bride vers le cbâteau. (Argum. •le Ctit.)

BAISSER , pour abaisser :

Montons, de grâce, au trône ; et de là beaucoup mieux Sur le choix d'un époux nous baisserons les yeux. i>05a lbonob. Vous les abaissez trop ; une secrète flamme

A déjà malgré moi fait ce choix dans votre âme. (0. Sancbe, i, 1.)

Cette signification s'est heureusement conservée :

De son trône enflammé qui luit au haut des cieux,

Sur le héros français daigna baisser les yeux. (Volt., Henr.t 1.)

Tout cela n'est point connu de ceux qui, chargés de grandes affaires, occupés <ln gouvernement des Etats et du devoir de rendre heureux les hommes, ne peuvent baisser leurs regards sur des querelles et sur de pareils ouvrages. (Id. , Mél.

Huer.)

BALANCE, emporter la balance sur, l'emporter sur :

L'amour sur le respect emporte la balance. (Ctit., n, 5.)

— être en balance , en parlant d'un sentiment :

Parlez, je vous dois tant que ma reconnoissance

Ne peut être sans honte un instant en balance. [Sert., i, 2.)

— mettre en balance , comme tenir en balance :

Notre longue amitié, l'amour ni l'alliance,

N'ont pu mettre un moment mon esprit en balance. (Hor., u, 3.)

Celte prévoyance me mil plusieurs fois en balance, si je ne chercherais pas moi-même un asile hors du royaume. (J.-J. Rouss., Cmtfèss.. xi.)

Page 1