SOUVERAIN. — STUPIDE
— soutien, prétention, fait que l'on soutient et appuie de preuves :
En laquelle instance, bien que ses soutiens soient justes tant contre ledit flays qoe contre ladite veuve... (Au Roi et à nos Seigneurs de son conseil.)
SOUVERAIN, adj. souverain a (un infin.), qui est d'une souveraine efficacité pour :
Ce beau nom d'héritière a de telles douceurs,
Qu'il devient souverain à consoler des sœurs. {ê(él., iv, 10.)
Ses attraits tout-puissants ont des avant-coureurs
Encor plus souverains à lui gagner les cœurs. {Suite du Ment., v, 1.)
— souverain sur, qui exerce un empire souverain sur :
H abaisse à nos pieds l'orgueil des diadèmes,
Il nous fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes. (Cm., m, 4.)
Voltaire fait cette observation :
< Il faut remarquer les plus légères fautes de langage. On est souverain de, od n'est pas souverain surt encore moins souverain sur une grandeur. »
La locution de Corneille nous paraît parfaitement dans l'analogie, bien qu'elle soit ici assez mal employée.
Rotrou a dit, quelques années après l'auteur de Cinna :
Mon fils, si près du trône où vous allez monter,
Près d'y remplir ma place et m'y représenter,
Aussi bien souverain sur vous que sur les autres,
Prenez mes sentiments, et dépouillez les vôtres. (Venceslas, î, 4.)
Racine a dit aussi, comme son glorieux devancier :
Sur lui, sur tout son peuple, il vous rend souveraine. (Androm., îv, 1.)
On trouve également souverain sur se rapportant à un nom de chose morale :
En vain certains rêveurs nous l'habillent en reine (la Raison), Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine.
(Boil., Sat.f iv, à M. l'abbé Le Vayer.)
— souveraine, subst., s' appliquant aux volontés d'une femme qu'on aime :
Vos seules volontés, mes dignes souveraines.
D'un empire si vaste auroient tenu les rênes. (Oth.t it, 1.)
STUPIDE, stupéfait, stupidus :
Je demeure stupide; Non que votre colère ou la mort m'intimide... (Cin., v, 1.)
STUPIDTTE. — SUBJONCTIF. 3S7
Nous autres cependant autour d'elle rangées.
Slupides ainsi qu'elle, ainsi qu'elle affligées.
Nous n'osons rien permettre à nos fiers déplaisirs.
Et nos pleurs par respect attendent ses soupirs. (CEd., v, 8.)
Signification commune et très-connue.
— être stupide a, suivi d'un substantif, être d'une insensibilité froide et glacée à :
L'amour de la gloire éternelle *
Les sait si pleinement saisir, Que lejir âme eu stupifle à tout autre plaisir, Et que tout ce qu'on voit de gloire temporelle *
Ne les touche d'aucun désir. (Imit., u, 6.)
STUPIDITÉ, stupéfaction, état de celui que la surprise, le saisissement rend immobile :
Je demeure stupide, Non que votre colère ou la mort m'intimide. Je vois qu'on m'a trahi, vous m'y voyez rêver. Et j'en cherche l'auteur sans le pouvoir trouver. Cette stupidité s'est enfin dissipée.
Seigneur, je suis Romain, et du sang de Pompée. (Ctn-, v, 1.)
Madame, pardonnez, dans un sort si contraire, À la stupidité qui me force à me taire. (T. Corn., Stil., v, 3.)
STYLE, prendre même style, en parlant de chose, être sur le même ton :
Sa fleurette pour toi prend encor mime style. [Le Ment., m, 4.)
SUASION, persuasion :
Philandre s'étant résolu, par l'artifice et les suasions d'Éraste, de quitter Chloris pour Mélite, montre ces lettres à Tircis. {3lil.f Àrgum.)
L'ancienne langue avait aussi suader, synonyme de persuader, comme le latin avait suader e, suasio. Persuader, persuasion, sont des augmentatifs de suader, suasion ; per est augmentatif dans les composés français comme dans les composés latins.
SUBJONCTIF. Corneille emploie souvent le subjonctif dans des cas où aujourd'hui Ton mettrait plutôt l'indicatif, comme dans ces vers :
Ce n'est pas son humeur de souffrir ce partage ;
// croit que mes regards soient son propre héritage. [Mél.t iv, 1.)
Quoique mon sentiment doive respect au vôtre,
J,a plus belle des deux, je crois que ce soit l'autre. [Le Ment., i, 4.)
Tous présument qu'il aie un grand sujet d'ennui,
Et qu'il mande Cinna pour prendre avis de lui. [Cin., iv, 4.)
Les exemples suivants suffisent à montrer combien souvent,