‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 622 sur 743 · SOUS. — SOUTIEN · texte numérisé non relu

SOUS. — SOUTIEN

Bonne l'emploi de cet adjectif, qui lui sert à former des alliances de mots très-heureuses :

Toutes les nations qai voyoient notre joie,

Se disoient d'an air sourcilleux .- Il faut qne le bonheur où leur Dieu les renvoie

Soit bien grand et bien merveilleux. (Trad. du Pt. cxxv.)

Avec l'humble innocence elle est plus compatible,

Qu'avec le pouvoir sourcilleux. (Imit.t m, 5.)

Pouvei-vons regretter ces démarches pompeuses, Ces fastueux dehors, ces grandeurs sourcilleuses, Ces gouverneurs enfin envoyés de si loin, Tout-puissants en parade, impuissants au besoin.

[Les Victoires du roi en 1667.)

SOUS, d'après les ordres de :

Apprenez que le sort n'agit que sous les dieux. {Atuirom., n, 4.)

SOUSCRIRE son nom, signer son nom :

Son nom au lieu du mien en ce papier souscrit

Ne lui montre que trop le fond de mon esprit. (La PL /toy, v, 4.)

SOUTENIR de, avec un nom de chose :

U voudrait pour m'aimer que j'eusse d'autres charmes,

Que l'éclat de mon sang, mieux soutenu de biens,

Ne fût point ravalé par le rang que je tiens. (La Suiv.t î, 8.)

La forme plus ordinaire est soutenir par :

La noblesse est bien peu de chose quand elle n'est pas soutenue par de grands biens. (Le Sage, Le Bachelier de Salamanque, 3* p., c xiv.)

— soutenir, avec un nom de chose pour sujet, être à la hauteur de :

On s'étonne de voir qu'un homme tel qu'Othon,

Othon, dont les hauts faits soutiennent le grand nom,

Daigne d'un Vinius se réduire à la fille. (<>ih., i, 1.)

On emploie le verbe soutenir d'une manière analogue pour signifier répondre à :

Ta gaie humeur jtoutie ni ta bonne mine.

(T. Corn., L'Amour à la mode* u, 5.) La seule simplicité d'un récit fidèle pourroit soutenir la gloire du prince de Condé. (Boss.; Orais. fun. du prince de Coudé.)

SOUTIEN, un mets de PEU de soutien, un mets qui soutient peu:

Cette ambroisie est fade, J'en eus au bout d'un jour l'estomac tout malade. C'est un mets délicat, et de peu de soutien, A moins que d'être un dieu Ton n'en vivrait pas bien.

(L'Illus. corn., iv. 4.)

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