‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 626 sur 743 · SUBORNER L'INCLINATION DE QUELQU'UN · texte numérisé non relu

SUBORNER L'INCLINATION DE QUELQU'UN

Philandre m'a tout dit : vous pensez qu'il vous aime,

Mais, sortant d'avec vous, il me conte lui-même

Jusqu'aux moindres discours dont votre passion

Tâche de suborner son inclination. ( Mil. , iv, 2.)

— suborner quelques pleurs, expression singulière pour signifier s'efforcer de répandre quelques larmes feintes :

Quant à nous, cependant subornons quelques pleurs

Qui servent de témoins à nos fausses douleurs. [La Veuve, m, 10.)

SUBORNEUR, adj., qui séduit :

Et je pourrai souffrir qu'un amour suborneur

Sous un lâche silence étouffe mon honneur. [Le Cid, m, 2.)

On a dit, à l'imitation du grand tragique :

Malheureux, disoit-il, celui dont le caprice

D'un amour suborneur A dame d'un haut rang force à rendre service! (Sémbcb, Cont.t Ixion.)

Corneille dit encore, d'une manière plus particulière, un regret SUBORNEUR :

Faisons si bien régner l'amitié sur notre âme,

Qu'étouffant dans leur perle un regret suborneur,

Dans le bonheur d'un frère on trouve le bonheur. [Rodog., î, 8*.)

SUBSTRACTION, l'action de soustraire, de retirer, de priver de:

• Le douloureux effet de la substraction. [Imit., n, 10.)

Quand tu sens la grâce puissante, Sois humble et patient dans la substraction. [Ibid.)

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