SUBORNER L'INCLINATION DE QUELQU'UN
Philandre m'a tout dit : vous pensez qu'il vous aime,
Mais, sortant d'avec vous, il me conte lui-même
Jusqu'aux moindres discours dont votre passion
Tâche de suborner son inclination. ( Mil. , iv, 2.)
— suborner quelques pleurs, expression singulière pour signifier s'efforcer de répandre quelques larmes feintes :
Quant à nous, cependant subornons quelques pleurs
Qui servent de témoins à nos fausses douleurs. [La Veuve, m, 10.)
SUBORNEUR, adj., qui séduit :
Et je pourrai souffrir qu'un amour suborneur
Sous un lâche silence étouffe mon honneur. [Le Cid, m, 2.)
On a dit, à l'imitation du grand tragique :
Malheureux, disoit-il, celui dont le caprice
D'un amour suborneur A dame d'un haut rang force à rendre service! (Sémbcb, Cont.t Ixion.)
Corneille dit encore, d'une manière plus particulière, un regret SUBORNEUR :
Faisons si bien régner l'amitié sur notre âme,
Qu'étouffant dans leur perle un regret suborneur,
Dans le bonheur d'un frère on trouve le bonheur. [Rodog., î, 8*.)
SUBSTRACTION, l'action de soustraire, de retirer, de priver de:
• Le douloureux effet de la substraction. [Imit., n, 10.)
Quand tu sens la grâce puissante, Sois humble et patient dans la substraction. [Ibid.)