TAILLER. — TANDIS
Elle tâche à couvrir d'un faux voile de prude
Ce que chez elle on voit d'affreuse solitude. (Molière, Le Mis., m, 3.) J'appelle récompense abondante une récompense qui surpasse, du moins qui égale les services par où l'on s'en est rendu ou Ton a tâché à s'en rendre digne. (Bourdalode, Serm. pour la Toussaint, u.) — Tâchons du moins, pour notre consolation, à deviner ce que nous pourrons de ce monde-là. (Fontbnbllb , De ta Pluralité des mondes , m* soir.)
Aujourd'hui, tâcher à ne s'emploie plus, du moins n'est plus indiqué dans les dictionnaires, qu'avec la signification de viser à.
Du reste, Corneille, comme les écrivains de son temps, dit aussi tâcher de :
Il espère de la générosité de Votre Éminence qu'elle ne dédaignera pas de
lui conserver cette seconde vie que j'ai lâché de lui redonner. {Pompée, Au card.
Mazarin.) — J'ai lâché de suivre ce grand homme dans le reste, et de prendre
ton caractère quand son exemple m'a manqué. {Ibid.t Au lecteur.)
A s- tu vu Bérénice, aime-t-elle mon frère,
Et se plaît-elle à voir qu'il lâche de lui plaire? (Tite et Bér.t v, 1.)
TAILLER une matière, parler d'une chose à tort et à travers :
Voilà fort plaisamment tailler cette matière.
Et donner à ta langue une libre carrière. [La PI. Roy., i, 1.)
TAIRE, se taire de quelque chose, le passer sous silence :
On parle d'eaux, de Tibre, et l'on se tait du reste. {Gin., iv, 4.)
Quand vous me demanderez mon amitié avec des termes plus civils, j'ai assez de bonté pour ne vous la refuser pas, et me taire des défauts de votre esprit que vous étalez dans vos livres. {Lett. apologétique.)
Locution excellente qu'on n'aurait pas dû laisser tomber, et dont on rencontre de nombreux exemples avant et après Corneille :
Taisez-vous en , et je m'en tairai aussi pour vostre honneur. (Froissart, Crou.) — Chacun s'en tut. (Commines, Cron. de Loys XI.) — Je me lais de tous, mais que du faucon. [Modus et racio, ms., f° 108, r°.) — J'aime mieux m'en taire que d'en dire trop peu. {Sat. Mén.) — Je me tais de cent choses excellentes qui font parler toutes les bouches. {Dernier Recueil de diverses Poésies du sieur de Saint-Amant, Épistre.) — Je ne puis pourtant me taire de la naissance d'un Ordre que Dieu luimême a si glorieusement institué. (Patru, Plaid., m.) — Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui. (La Font., Fab., Le Geai paré des plumes du Paon.)
On trouve aussi avec un infinitif, au lieu du substantif :
Hélas ! de bien aimer me vante,
El de bien estre aimé me tais. {Poésie dm XU* siècle.)
TANDIS, cependant, pendant ce temps :
clttandrk. Je brûle, et le bonheur de vaincre ses froideurs,
Je ne le veux devoir qu'à mes vives ardeurs, , Je no la veux gagner qu'à force de services.
FLoaiDAN. Tandis tu veux donc vivre en d'éternels supplices ?